mardi 25 juin 2019

Le Vautour fauve dans les Pyrénées. Une histoire de renaissance.

Toutes les personnes marchant en montagne, ont le désir de voir dans le ciel un aigle, car cet oiseau symbolise à lui seul le rapace des hautes altitudes, mais dans les Pyrénées, le rapace que l’on observe le plus souvent est un vautour fauve, et plus rarement un autre de la même famille, tel le gypaète ou le percnoptère.
De tous temps même au pire moment du déclin de l’espèce dans les années 1960, 1970, le vautour fauve était visible planant au-dessus de rares falaises en vallée d’Ossau et en vallée d’Aspe.

Il n’a jamais disparu dans les Pyrénées alors que dans tous les autres massifs montagneux de la France, là où il avait une population équivalente à celle des Pyrénées l’oiseau ne volait plus au-dessus des falaises des Alpes de Provence, des Cévennes, déjà entre les deux guerres.

Dans les années 1960, il ne restait guère plus d’une trentaine couples nicheurs pour les Pyrénées-Atlantiques, il avait trouvé là et plus particulièrement dans le Béarn en vallée d’Ossau, son dernier refuge dans les falaises inaccessibles d’Aste-Béon et en basse vallée d’Aspe autour de Sarrance.

L’histoire de son déclin est certes dû à la chasse, dans « histoire des oiseaux d’Europe Mr Yeatman écrit : (Dans les Pyrénées Françaises, les frères Terrasse ont parcouru les vallées les plus reculées et n’ont découvert que 2 colonies comprenant en tout 35 couples constituant la totalité de la population française. C’était autrefois un oiseau observé en nombre dans la partie occidentale de la chaîne et les tireurs au fusil ont une grande responsabilité dans cette quasi-disparition. J’ai assisté dans mon enfance à une de ces chasses au sommet de la Rhune aux portes de Saint-Jean-de-Luz : j’y étais conduit par un parent naturaliste compétent et passionné mais appartenant à une génération de collectionneurs pour qui seul comptait un spécimen mort.
Dissimulé au cours d’une longue attente près d’une carcasse placée deux jours à l’avance, je vis d’abord se poser des corbeaux, puis vinrent des milans, enfin les deux Vautours qui n’avaient cessé de planer descendirent, bientôt suivis de plusieurs autres. Ce jour-là, il n’y eut qu’un coup de fusil et qu’une victime mais souvent il devait se faire de vrais massacres à en juger d’après les cartes postales sur lesquelles des imbéciles suffisants paradaient devant des brochettes de vautours morts.
La situation est meilleure dans les Pyrénées espagnoles où les colonies sont assez nombreuses. Des rassemblements d’une centaine d’oiseaux n’ont pas d’autre origine. Les principales chaines de montagnes de la péninsule abritent des colonies de vautours fauves), mais pas simplement, il a surtout été victime des empoisonnements liés à la destruction des ours, en effet il était coutume de déposer des brebis mortes dans lesquelles il était adjoint de la strychnine, et bien souvent les vautours voyaient les cadavres des brebis bien avant les ours.

Personne n’a vraiment une idée précise de l’état des populations originelles, ce que nous
savons par des écrits datant de la fin du 19e siècle c’est la répartition des populations. Pour la chaine des Pyrénées Occidentale, l’espèce était présente de la Rhune qui sont les dernières falaises avant l’océan, à celles de Sarrancolin dans les hautes Pyrénées en vallée d’Aure entre Lannemezan et Arreau. Des falaises comme celle au Sud de Lourdes, « Le Pibeste » ont accueilli aussi quelques couples de vautours fauves.

Cet oiseau niche exclusivement dans des hautes falaises verticales sur des vires, que l’on pourrait représenter comme une plateforme donnant directement dans le vide, l’oiseau y dépose là un unique œuf, il n’a pas besoin d’un nid douillet, juste un renfoncement qui fera office de nid, cela s’appelle une aire.
Sa nidification est par îlot, regroupant une mini colonie dans des falaises verticales.
L’ensemble de ces hautes falaises sont principalement des massifs calcaires. Seul son cousin le vautour moine niche dans des arbres, mais jamais le vautour fauve, ni le percnoptère d’Egypte, ni le gypaète barbu.

Il est très fréquent de voir le percnoptère d’Egypte partager une même falaise avec le vautour fauve, mais jamais avec le gypaète barbu, lui il niche dans des falaises plus en altitude, et toujours solitairement.
Notre vautour est donc un oiseau grégaire, à la fois dans son habitat, comme pour se nourrir, ce qui n’est pas le cas du gypaète barbu.

C’est pour cela que l’état des populations de vautours n’est pas du tout le même. Dans une vallée il ne peut y avoir que 2 voire 3 couples au grand maximum de gypaète barbu, alors qu’elle peut accueillir une centaine de couples de vautours fauves, voire plus si la ou les falaises avec ces vires sont suffisamment longues et nombreuses.  
La vautour percnoptère d’Egypte, recherche des cavités dans les falaises, il aime bien être à l’abri des curieux, parfois totalement invisible des ornithologues, pour être certain qu’il niche dans une falaise, il faut faire des séances d’observation de 4 à 5 heures afin de voir si la cavité est employée ou pas.  Il peut y avoir 5 voire 6 couples nicheurs dans une vallée, mais guère plus.

Le gypaète barbu niche en haute montagne à des altitudes comprise entre 1500 et 2000 mètres. Le vautour fauve comme le percnoptère d’Egypte ne nichent jamais en haute altitude mais dans le bas et au début des vallées, là où sont les premières falaises calcaires, en géologie cela s’appelle les verrous glaciaires.

Si fallait visualiser la chaine des Pyrénées, l’on pourrait prendre l’exemple d’un peigne, les dents seraient les vallées, celles-ci à l’époque de la glaciation étaient couvertes d’une épaisseur de glace de plus de 500 mètres de hauteur, de chaque côté des vallées, des falaises ont donc été rognées, sculptées par le glacier, c’est comme cela que des vires se sont formées et qu’elles servent aujourd’hui de plateforme de nidification.
C’est ainsi que pour trouver les aires de nidification des vautours fauves, il faut aller les chercher dans les premières falaises verticales des verrous glacières, dès que l’on rentre dans une vallée pyrénéenne.

Que se passe-t-il chez les vautours fauves ?

Alerté par les nombreux articles dans les journaux locaux sur certains vautours aux comportements de prédateur, en ce sens qu’ils n’attendaient plus que leurs proies soient mortes avant de la consommer, j’ai voulu comprendre et savoir ce qu’il se passait réellement, j’ai donc cherché à lire du côté des ornithologues pour avoir une version plus scientifique.

Et je suis tombé sur ce tableau ci-dessous, dans un article de Jean-Pierre Choisy, dans la revue Nos Oiseaux 60 : 193-204 (2013).



Il indique les 6 premiers constats et expertises dû à des vautours sur du bétail pas encore mort, suite à des plaintes des éleveurs.

Le phénomène a donc commencé dès 1993 avec 319 couples de vautours nicheurs. En 1990 les derniers comptages donnaient 300 couples nicheurs et aucune plainte chez les éleveurs dû à des comportements de prédateur chez les vautours fauves.
Sachant que les vautours fauves se nourrissaient principalement avec les proies d’animaux sauvages trouvés morts dans la nature, bien qu’il y eût aussi quelques charniers organisés pas l’homme, J’ai donc cherché de combien de kg de nourriture les vautours fauves avaient besoin pour eux en une journée.

J’avais une équation : avec 300 couples il n’y avait aucune plainte, avec 319 couples il y avait les premières plaintes. Il me fallait donc chercher pourquoi avec 300 couples nicheurs soit 600 oiseaux, les vautours trouvaient assez de nourriture parmi la faune sauvage morte, et pourquoi avec 319 couples soit 638 oiseaux, ils n’en trouvaient plus assez dans la nature, puisqu’ils s’attaquaient à des animaux domestiques pas encore morts d’où les plaintes des éleveurs enregistrées par des agents.

Pour cela j’ai donc cherché de combien un vautour fauve a besoin de nourriture par jour. Dans (http://observatoire-rapaces.lpo.fr) j’ai trouvé 0,500 gr.

Dans (Le Vautour fauve et les activités d'élevage) il est écrit « Un Vautour fauve consomme entre 300 et 350 kg de cadavres par an » donc 325 kg divisé par 365 jours, égale 0, 890 gr
Ref:https://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/documents/pdf/CGAAER_13135_2014_Rapport_cle01b597.pdf.

Un ami soigneur dans un centre de soins de la faune sauvage me confirme que pour remettre un vautour sain dans la nature, ils leur donnent 0,500 gr de nourriture pas jour.

Le changement de comportement

Qu’est-ce qui a fait que certains vautours fauves, Gyps fulvus, ont modifié leur comportement de nécrophage en prédateur, depuis les années 1990. Je rappelle qu’un prédateur tue sa proie, alors qu’un nécrophage attends que sa proie soit morte pour se nourrir.

Dans la communauté ornithologique personne ne voulait y croire, même moi, et c’est tout naturellement que fut mis en cause les déclarations des éleveurs et agriculteurs, pourtant ils avaient raison, aujourd’hui en 2019 certains ornithologues ne veulent toujours pas y croire.

Il était inimaginable que le vautour fauve biologiquement nécrophage conçu depuis la nuit des temps, change de comportement et adopte celui de prédateur.
Quelles sont les facteurs qui les ont poussés à cet extrême, car il s’agit bien pour certains d’entre eux de cela. Je ne vois pas une autre explication que la faim et c’est à partir de là que j’ai cherché une explication, car je n’en perçois aucune autre.

J’ai pour cela, la chance dû à mon âge 71 ans, d’avoir participé aux comptages dans les années 1985, 90, j’avais dans les 40 ans, Cela s’appelle l’expérience du terrain.
A cet époque le nombre de couples d’oiseaux nicheurs était sous les 300 couples pour les Pyrénées-Atlantiques en 1985, et proches des 300 cp dans les années 1990. Et il n’y avait aucune attaque connue de vautour sur le bétail.

1975 ; 30 à 40 couples dans les Pyrénées-Atlantiques.
1984 ; 120 couples dans les Pyrénées-Atlantiques.
1990 ; 300 couples dans les Pyrénées-Atlantiques.
1994 ; 319 couples dans les Pyrénées-Atlantiques.

C’est en 1993 – 1996 que les 6 premiers constats de prédation ont eu lieu. A cette époque la population des couples nicheurs était de 319 couples. Soit moins de 650 individus.
C’est donc avec le recul que je puis dire que la bascule (le changement de comportement) s’est faite à cette époque.

Donc à 300 couples les vautours fauves arrivaient encore à trouver leur nourriture in natura, et plus à 319 couples !!! Pourquoi ?
Il ne me restait plus qu’à faire le calcul pour trouver à quelle limite les vautours n’ont plus trouvé assez de nourriture, in natura.

300 couples = 600 individus
600 x 0,500 gr = 300 kg de biomasse disponible journellement in natura.

319 couples = 638 individus
638 x 0,500 gr = 319 kg de biomasse disponible journellement in natura.

De notre expérience de terrain, nous n’avons jamais entendu parler d’attaque sur le bétail avec une population de 600 oiseaux.
Alors que l’ONCFS a commencé à faire des constats à partir d’une population de 638 oiseaux.
Si la bascule est très courte, c’est que cela devait déjà être très limite avec une population de 600 oiseaux.
Ensuite le problème n’a fait qu’empirer de mal en pis avec l’accroissement de la population des vautours fauves dans les Pyrénées-Atlantiques et si une réelle réflexion n’est pas prise en compte rien n’arrêtera cette prédation. 


Les besoins alimentaires.

Sachant que le vautour fauve a besoin de 400 gr en période disette à 500 grammes de nourriture en moyenne par jour, il est facile de calculer la biomasse nécessaire et disponible pour une population donnée sur un territoire.
Pour cela j’ai pris le nombre d’individus nicheurs issus des comptages que j’ai multiplié par les besoins alimentaires sur une journée, et le résultat donne la quantité de biomasse qui doit-être disponible journellement.

La population des couples nicheurs dans le département de Pyrénées-Atlantiques en 2019 est de ; 911 couples, soit 1822 individus :
1822 x 0,500 gr = 911 Kg.  De nourriture disponible « in natura » issus de la faune sauvage naturellement morte, or cette quantité de biomasse est quasi impossible à être disponible journellement.
C’est donc que la population des vautours fauves est bien trop importante en rapport avec la quantité de nourriture disponible dans la nature. Il faut donc revenir à la situation ou la population des vautours fauves ne causait aucun dommage et aucune prédation sur le pastoralisme.

Et cette situation est celle des années 1990 avec 300 couples nicheurs dans le département des Pyrénées-Atlantiques.  
Pourquoi 1990 et 300 couples, parce que postérieurement à cette période, les six premiers constats de prédations ont été réalisés à partir de 1993 à 1996.
Tout porte à croire que les ressources alimentaires naturellement disponible dans la nature ne vont pas au-delà des 300 Kg par jour.

Ce calcul des besoins alimentaires doit-être la base et la règle pour toute étude d’impact, mais aucune n’a jamais été faite sur cette base, ni sur aucune autre base.  
L’alimentation sur les placettes d’animaux issus de l’élevage, ne doit pas être pris en compte pour le calcul des ressources alimentaires des vautours fauves, cet apport supplémentaire doit-être la cerise sur le gâteau.
Cet à cette condition et unique condition que le vautour fauve redeviendra un nécrophage et équarisseur naturel.


Le nourrissage artificiel.

Dans les années 1960, la situation des vautours fauves est à la limite de l’extinction, pour les Pyrénées Occidental, il ne reste alors que 35 couples nicheurs en 1964 et quasi tous en Béarn.
En 1974 la réserve naturelle est créée, afin d’assurer la tranquillité de la reproduction. L’aire de nourrissage des vautours était déjà en place de l’autre côté de la vallée, sur le plateau du Bénou.

Avec le temps et l’expérience cette aire de nourrissage comme toutes les autres se sont révélés plus néfaste que bénéfique.
Le nourrissage a vraiment débuté en 1973, même si des placettes étaient déjà connues au début des années 1970.
Un homme, Monsieur Ardouin, alors garde-chef de la fédération des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques, qui pour des raisons affectives et passionnelles, commence en hiver le nourrissage des vautours.

Pour lui : « Pendant la période de disette, il faut fixer les vautours en zone de montagne afin de les éloigner au maximum de tout danger d’une part, et leur permettre d’évoluer dans un milieu plus favorable, par un apport artificiel de cadavres les mois d’hiver, sur les lieux où, durant tout l’été, les oiseaux s’approvisionnent naturellement ».
Néanmoins, ce n’est que de l’affectif même avec beaucoup de dévouement et de courage. Dans les premiers temps, la viande était transportée dans le coffre de sa voiture et avec ses deniers. Bien qu’aucune étude préalable n’ait été faite pour savoir s’il y avait que des avantages pour l’espèce. D’ailleurs beaucoup ont emboité le pas, jusqu’au Moyen-Orient.

Dans les années 1990, des personnes et organismes ont commencés à se poser des questions sur la réelle utilité du nourrissage artificiel et il faudra attendre 1997 pour qu’il n’y est plus d’alimentation dans lesdites placettes.

Les questions ont été : Pourquoi la population de gypaètes barbus reste toujours à 6 couples dans les Pyrénées-Atlantiques en 1993. Avec aucune reproduction en 1992.
Pourquoi celles des percnoptères n’évolue guère : pas plus de 35 à 40 couples malgré quelques cas de rassemblement sur des lieux propices à nourriture facile ? Dans leur brochure les chasseurs se posent pourtant cette question.

Seuls les vautours fauves semblent en bénéficier, des 35 couples en 1964, la population passe en 1990 à 300 couples, puis 319 couples en 1994. Et c’est là que tout commence à basculer avec les 6 premiers constats de prédation sur des bovins en train de vêler de 1993 à 1996.

Alors comment comprendre, admettre et surtout expliquer qu’un oiseau qui est programmé depuis la nuit des temps adopte un comportement de prédateur (je rappelle qu’un prédateur tue sa proie) alors qu’il est considéré comme un nécrophage en sens strict du terme dans tous les livres modernes.

Comme beaucoup d’autres ornithologues je n’y ai pas cru et je mettais en doute la parole des éleveurs. Pourtant dans un livre de : (A.E. Brehm, l’homme et les animaux, les oiseaux, J.B. Baillière et fils Paris 1878). Les faits de prédation étaient déjà connus.
Texte : Le Gyps fauve – Gyps fulvus. … (Je ne sais si, en réalité, ils attaquent les animaux malades ou mourants, comme le condor. Les Arabes et les bergers des montagnes du sud de la Hongrie leur imputent de pareils méfaits. Ces derniers ont assuré à Lazar que le vautour chauve attaquait et tuaient les moutons égarés) ….

Les Muladares en Espagne.

Comment prendre en compte le nourrissage "artificiel" en Espagne, qui n'en était pas vraiment un. Les porcheries industrielles se débarrassaient des cadavres qu'elles mettaient à disposition des nécrophages, c’était uniquement dans le but d'une solution économique.

La situation a brusquement changé en 2006, pour des raisons sanitaires une réglementation européenne pour lutter contre l'ESB, (Encéphalopathie Spongiforme Bovine), interdit les "muladares" ces dites placettes où les vautours venaient se nourrir des cadavres d'animaux domestiques.
Certes ces pratiques ont fait augmenter la population des vautours fauves en Espagne, mais elle n'a pas eu d’influence sur l'augmentation des colonies d'oiseaux nicheurs en France, parce-que comme pour la réserve de la vallée d'Ossau, les vautours se reproduisent principalement auprès des charniers. 

Là où l'influence a eu un impact en France, c'est que les vautours issus des colonies espagnoles sont venus en masse pour y chercher de la nourriture, ils ont même été jusqu'en Belgique.
C'est dans les années 2006 et 2007 que l'IPHB, (Institution Patrimoniale du Haut Béarn) enregistra le plus de plaintes de la part des éleveurs, plus d'une centaine pas an.
Je rappelle que les attaques sur des animaux domestiques faibles ont commencé en France dès 1993 à 1996 avec les 6 premiers constats.

Le pastoralisme  

Pour ce qui est du pastoralisme, il aurait débuté avec le néolithique à partir de 4830 ans avant J.C.
D’ores et déjà, nous pouvons dire que les vautours ont vécu plusieurs millions d’années rien qu’avec l’apport de nourriture due à la faune sauvage. C’est un élément important, même si nous ne savons pas avec exactitude la densité de la faune, nous en connaissons les familles. L’autre élément important est l’élevage et l’entretien d’animaux pour un usage domestique.

L’homme n’est plus le chasseur qui suit les migrations animales, il se sédentarise et devient éleveur et contrairement à ce qui est dit, l’époque était calme, il n’est pas le chasseur que l’on veut faire croire, il protège ses troupeaux, plus qu’il ne détruit ses prédateurs car il n’a pas encore les moyens. Tout changera avec les armes à feu. (Même pour les vautours).
De 6000 ans à quasiment nos jours, les vautours se nourrissent toujours de la faune sauvage et en plus de l’élevage.

L’utilité du nourrissage artificiel.

Le cas des Hautes-Pyrénées et un cas d’école, en 1873, il n’y avait pourtant aucun nourrissage artificiel et l’oiseau était commun dans les Hautes-Pyrénées, donc les vautours avaient maintenu leur population depuis des millions d’années.

A cette époque Monsieur Philippe écrit : Il niche dans les rochers les plus inaccessibles qui avoisinent notre pic du Midi, ainsi que sur les rochers des environs de Paillole et de Sarrancolin. Il est commun sur les Pyrénées et sédentaire.
Nous savons par ailleurs qu’il nichait sur le versant Sud du Pibeste entre Lourdes et Argelès-Gazost, malheureusement nous ne savons pas grand-chose avant le 19e siècle, car l’ornithologie est une jeune science.

Sa disparition des Hautes-Pyrénées est due principalement à des persécutions 
diverses, car si cela n’était dû qu’au manque de proies, la population des Pyrénées-Atlantiques aurait subi le même sort.

Après vingt ans de nourrissage dans les Pyrénées-Atlantiques, il n’y a toujours pas de reproduction dans les Hautes-Pyrénées en 1993, pourtant si proches et si visitées en été.
Est-ce dû uniquement à l’absence de rémanence ? Je ne le pense pas, à cause du comportement des vautours. Sur plusieurs sites de nourrissages ces derniers en attendant ou voyant le véhicule du nourrisseur, ils la suivent dès le fond de la vallée et se posent tranquillement autour de l’aire en attendant que l’homme pose les carcasses, certains n’attendent même pas qu’il ait fini pour commencer à se nourrir.

Ce comportement engendré chez les vautours fauves, est entre le donjon des aigles et les écrits de A.E. Brehm, sur leur captivité, l’autre comportement est que les colonies se développent principalement autour des aires de nourrissages. Dans les Pyrénées-Atlantiques le nourrissage était estimé à environ 50 tonnes par an. Soit 137 kg de nourriture par jours.   
En 1993 et même aujourd’hui en 2019, c’est clair que le nourrissage artificiel n’a pas était utile, il a certes fait gonfler les colonies en nombre de couples nicheurs, mais il a aussi modifié le comportement de certains vautours fauves à cause du manque de nourriture disponible en pleine nature, la faim les ont poussés à devenir prédateur.

C’est même loin d’être la panacée d’autant que comme nous l’avons démontré, avant l’homme, avant le pastoralisme, et avant les nourrissages, ils ont toujours maintenu leur population. L’homme a créé un premier déséquilibre, certes c’était une autre époque, mais aujourd’hui nous en créons un autre tout aussi dangereux pour l’espèce, celui de la dépendance alimentaire.

Le vautour fauve

Il est fait état dans la bibliographie que les ossements d’un vautour (lequel ?) ont été retrouvés dans une couche datant de l’éocène soit de 54 à 38 millions d’années avant notre ère, ceci dans e bassin parisien et en Amérique du Nord. En tout état de cause, toute la bibliographie est formelle à partir du miocène jusqu’au pliocène de 26 à 2 millions d’années avant notre ère, la majorité des familles d’oiseaux actuelles sont présentes et l’on peut admettre que la plupart des espèces actuelles se sont différenciées au pléistocène. Donc le vautour fauve est déjà présent dans les Pyrénées dès cette époque.

C’est un rapace de grande taille, entre 2,40 et 2,80 d’envergure, d’une hauteur de quasi 1 mètre, pour un poids d’environ 10 kg. Il a besoin de 400 à 500 grammes par jour de nourriture,
Planeur hors pair, il lui arrive des chercher des cadavres en zone de piémont pyrénéen.
Comme tous les rapaces de grande taille sa reproduction est longue, elle commence en début d’année pour une ponte en hiver, avec des jeunes qui prennent leur envol au cœur de l’été, sa maturité sexuelle et aux environ de 4 ans, et il peut vivre plus de 10 ans en étant libre à plus de 30 ans en captivité.

L’homme dans les Pyrénées

L’apparition de la civilisation humaine dans les Pyrénées débute avec l’homo erectus, nous sommes dans l’acheuléen soit environ 200 000 ans avant J.C. Déjà il est clair que l’homme est bien postérieur à la vie de l’espèce. La présence de l’homme pyrénéen est confirmée et authentifiée à partir du magdalénien moyen c'est-à-dire de 15 000 à 13 500 ans avant notre ère à partir de la datation par le radiocarbone des charbons, os et coquilles de la grotte de Pey-Maou à Arudy en vallée d’Ossau. L’homme à cette époque n’est encore que chasseur, il ne pratique pas encore le pastoralisme et les vautours fauves se nourrissent uniquement de la disponibilité des proies mortes naturellement issus de la faune sauvage. 


Pourquoi des vautours fauves ont dépecé deux corps humains 


Avertissement : Il y a toujours eu des randonneurs qui se sont tués en montagne, soit parce qu’ils ont dévissés en escalade, chutés dans une pente herbeuse, etc.. !! mais avant et avec une population raisonnable du nombre de vautour autour des 300 couples nicheurs, jamais ces derniers n'avaient dépecés des corps humains.

Il est certain qu'un vautour ne fait pas la différence entre un homo-sapiens et un ovin et mon propos n'est pas de lui en vouloir, ni de lui jeter la pierre, ni de condamner ce fait, mais de comprendre pourquoi il se jette sur toute source de nourriture.

les articles de presse:

Un Espagnol de 60 ans a chuté de près de 200 mètres en arrivant, hier, au sommet.
Il était environ 13 h 45, (en septembre 2011), culminant à 2 884 mètres, celui-ci venait d’être atteint par un groupe de 20 personnes emmené par un homme de 60 ans, originaire de San Sebastian, en Espagne.
Le randonneur avait une certaine expérience de la montagne, mais il n’était pas encordé. Après avoir trébuché, il est tombé dans le vide et a fait une chute d’environ 200 mètres dans la face sud du pic.

Son cadavre a été retrouvé par le groupe de secours en montagne des sapeurs-pompiers, et ramené par l’hélicoptère de la sécurité civile, Dragon 64. Les membres du peloton de gendarmerie de haute montagne se sont également rendus sur place pour chercher à déterminer les circonstances exactes de cet accident.

Détail terrible, lorsque le corps du randonneur s’est écrasé à terre, une vingtaine de vautours se sont précipités sur sa dépouille. Une vision qui a choqué plus d’un témoin.
En fin d’après-midi, deux autres personnes, exténuées et ayant du mal à poursuivre leur ascension, du pic ont par ailleurs été secourues par hélicoptère, et emmenées au refuge de Pombie.
(Sud-Ouest :  Publié le 26/09/2011) 

Autre fait de dépeçage d’un corps humain :
Une randonneuse de 53 ans a fait une chute mortelle lors d’une randonnée au pic de Pista, au-dessus de Larrau, le 14 avril dernier (2013). La malheureuse a été dévorée par les vautours après sa chute mortelle.

"Le médecin du Smur d’Oloron a constaté que la randonneuse, originaire de Cambo, était décédée de multiples fractures. Elle n’a pas survécu à la chute", a-t-il ajouté. "Nos équipes de secours et le médecin ont remarqué la présence de vautours ainsi que des traces de pattes de vautours sur la neige à proximité des ossements. Un rapport de l’Office national de la Chasse en atteste", a-t-il indiqué.

Selon le secouriste, "c’est la deuxième fois que ce scénario se produit. L’an dernier, au pic du Midi d’Ossau, la même scène a eu lieu", indique-t-il. À l’époque c’est un grimpeur espagnol qui avait été partiellement mutilé par les volatiles avant que les secours puissent récupérer son corps.

La quinquagénaire effectuait une randonnée en montagne lorsque les personnes qui l’accompagnaient l’ont vu glisser sur l’herbe, puis dévisser sur une succession de barres rocheuses d’un dénivelé d’environ 300 m. (La République des Pyrénées publié de 4 mai 2013) 


J’ai eu beau cherché sur internet dans l’histoire des Pyrénées, il n’y a que ces deux cas, et cela est dû selon moi à la surpopulation des vautours fauves, qui crèvent de faim.  Voir : https://www.facebook.com/notes/andr%C3%A9as-guyot-naturaliste/retour-sur-la-pr%C3%A9dation-des-vautours-fauves-sur-le-b%C3%A9tail-dans-les-pyr%C3%A9n%C3%A9es-atla/10156356266649352/

Ces faits sont honteusement minorés par des ornithologues locaux, 
voir : http://www.sepanso64.org/spip.php?article172

Pour Gwenaëlle Plet, de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), les craintes du randonneur et du chasseur ne sont pas justifiées. « Lorsque vous faites la sieste, vous êtes vivant, vous respirez. 
Le vautour se nourrit de chair morte animale », affirme-t-elle. « En Inde, les cultures locales utilisent le vautour fauve pour nettoyer leurs cadavres parce qu’elles n’ont pas de bois pour les incinérer ou parce qu’elles sont sûr de la roche et qu’elles ne peuvent pas les enterrer. » 

Pour elle, il n’y a aucun changement de comportement du vautour. « Vous dites que les secouristes ont dû chasser les vautours. Mais il faut savoir combien de temps s’est écoulé entre l’alerte et leur intervention. Il n’y a pas de changement sur le régime alimentaire des vautours. Ils se nourrissent toujours de viande morte. Ça reste un nécrophage », insiste-t-elle.


D’autres ont eu plus de chance :
Elle a eu la peur de sa vie. Une Nantaise de 27 ans a été poursuivie par une quarantaine de vautours il y a quelques jours sur la route du GR10, dans le massif des Pyrénées. Comme elle l’a raconté à Sud-Ouest, la jeune femme se trouvait aux alentours du col des Veaux, dans le Pays Basque, lorsqu’elle a aperçu un groupe d’oiseaux sur une carcasse de cheval.
« Une expérience très angoissante »

Alors que la randonneuse s’éloignait, les vautours se sont envolés et ont commencé à la suivre. « Avec un sac de 15 kilos sur le dos, je ne pouvais pas courir », témoigne la Nantaise. « Ils étaient très menaçants. (…) C’était une expérience très angoissante ». Les oiseaux se sont finalement enfuis 20 à 30 minutes plus tard. D’après le propriétaire du refuge Jeandel de La Pierre-Saint-Martin, « si elle s'était blessée, cela aurait pu être très dangereux ».
(La dépêche du midi Publié le 13/07/2015)

Cette affaire n’est pas sans rappeler la mésaventure subie par quatre randonneurs en Pays Basque il y a quatre ans. Le samedi 9 juin 2007, un groupe se promenait sur le Mondarrain, sur les hauteurs d’Itxassou. Dans la descente, l’un des marcheurs s’est effondré, victime d’une rupture d’anévrisme. En attendant les secours, les randonneurs ont dû lutter contre un groupe de vautours qui tentaient de s’approcher du cadavre. 

Ils ont dû faire de grands gestes pour effaroucher les charognards. « Il est certain que les oiseaux auraient attaqué le corps s’il s’était retrouvé seul », avaient déclaré les camarades du défunt. L’accident de dimanche dernier prouve sans doute qu’ils n’avaient pas tort. 
(Sud-Ouest, Publié le 01/10/2011) 

Conclusion :

Il y a deux façons de voir les choses : soit on ni tout, et on réfute le changement de comportement de certains vautours.

Soit on accepte de comprendre pourquoi certains vautours passent de nécrophage à prédateur et on cherche les réponses, afin qu'ils redeviennent un nécrophage au sens strict du terme.
En tout cas moi je refuse à accepter une telle situation qui est au détriment des vautours fauves.

Ce n'est qu'un constat, et certes, je n'ai pas la solution, mais il est certain que la population des vautours fauves est trop importante, sinon pourquoi ils changeraient de comportement alors qu'ils sont programmés biologiquement pour être des nécrophages.

Andréas Guyot.

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