lundi 18 février 2019

Le chevalier guignette dans les Pyrénées-Atlantiques.

Chevalier guignette Actitis hypoleucos (Linnaeus, 1758)
Particularité nominale : Une guignette, un chevalier guignette.

Le chevalier guignette se reproduit très largement dans toute l’Europe sous toutes les latitudes du bassin méditerranéen au cercle polaire en passant par les îles Britanniques, il est un migrateur abondant dans les Pyrénées et un hivernant régulier au vu de mes notes de terrain.
- Du gave de Bious 1600 m, au pont de Louvie-Juzon, gave d’Ossau.
- Sur le gave de Pau de Nay au lac d’Artix. 
- Sur les gaves réunis de Peyrehorade à l’embouchure de l’Adour.
- Sur la retenue collinaire d’Ayguelongue.
- Sur la réserve, La saligue aux oiseaux de Biron.
- En pays basque sur divers cours d’eau.

Petit limicole solitaire en hivernage, la guignette est facilement reconnaissable à ses hochements de queue nerveux et à sa partie blanche qui remonte à l’épaule, avec les parties brunes et unies sur le dos. Il vole au ras de l’eau avec des battements d’ailes arqués vers le bas et semblant parfois être hésitant voir saccadé avec de courts planés. 

Les vrais risques de confusion sont minimes puisque à la fois le chevalier grivelé Actitis macularia et le bécasseau de Temminck Calidris Temminckii sont des migrateurs rares. Néanmoins il est possible que des ornithologues non expérimenté puissent le confondre avec un chevalier culblanc Tringa ochropus. Pour éviter cette confusion, la barre alaire blanche se voit de loin, elle est unique parmi les petits chevaliers européens et le croupion n’est jamais blanc. 

Il commence sa migration postnuptiale au début du mois de juillet, sa présence dans le piémont pyrénéen peut poser des interrogations avec les effectifs nicheurs en Béarn, notamment le long du Gave de Pau et dans les vallées pyrénéennes. Il faut attendre le pic de sa migration dans la première quinzaine d’août pour voir ses effectifs nettement en augmentation avec des troupes et des regroupements d’oiseaux allant à plus d’une dizaine, voir une cinquantaine individus. (obs pers)

C’est en soirée qu’ils sont les plus visibles et observables le long des cours d’eau, des rivières et des fleuves. Ils fréquentent surtout les eaux douces, posés sur les berges et sur des branches mortes. Volubiles, ils sont vite repérables à la tombée du jour par leurs cris, qui est un suisuisui ou hidicdididi plaintif et fluté.

Lorsqu’ils sont en migration sur le littoral maritime Aquitain (Obs pers sur la digue de Tarnos), l’eau douce n’est jamais très loin. A l’intérieur des terres, les lacs collinaires ont largement favorisés les sites de pose, de gagnage et d’hivernage à la fois pour le chevalier guignette, mais aussi pour d’autres petits limicoles. En effet depuis de nombreuses années des guignettes sédentaires sont observés, certes en faible nombre, mais il semble que cette tendance se confirme de plus en plus dans les Pyrénées-Atlantiques coté basque.

Effet du réchauffement climatique ou pas, cette théorie est à prendre en compte, sans en faire une généralité. Disons que les milieux d’accueil sont les bords des vasières des fleuves et autres cours d’eau où l’influence des marées y est pour beaucoup à la fois en Pays basque et sur l’Adour,
Lorsque les lacs collinaires sont à sec après l’arrosage des cultures maïsicultrices, le chevalier guignette en migration se nourrit sur les parties sèches du fond de la retenue et pas dans la vasière humide, observation (in natura)  au lac d’Ayguelongue 64.

Pendant son hivernage le chevalier guignette est très souvent isolé. Il est rare d’observer plus de deux individus, l’oiseau semble se réserver un espace alimentaire car il chasse régulièrement l’intrus de la même espèce et reprend sa recherche alimentaire en linéaire au bord de l’eau. Tout en déambulant il happe à peu près toutes les bestioles qu’il aperçoit sur son passage entre et sous les pierres. (Selon Géroudet 1983) coléoptères, diptères, papillons pour les plus fréquentes, puis des hémiptères, orthoptères, phrygames, fourmis, araignées, crustacés, mollusques, vers, têtards, de minuscules grenouilles et poissons.

C’est de part ce comportement que l’on arrive à les comptabiliser ou tout simplement les observer pour le plaisir de voir des individus en hivernage.
Une vraie interrogation se pose lors de l’hivernage, ou vont les guignettes nicheurs des vallées pyrénéennes ? Est-ce ces oiseaux que l’ont observent tout au long de l’hiver ? 

(Mayaud 1936) le signale comme migrateur très commun sur les rivages maritimes en automne et au printemps. Si l’oiseau s’attarde en migration postnuptial, il est beaucoup moins visible au printemps, il est rare de voir des groupes individus en stationnement. La migration prénuptiale débute à la fin mars pour un passage maximum fin avril début mai. Beaucoup remontent directement de la zone tropicale de l’Afrique, au vu du peu d’observation à cette période, il semble que la route migratoire soit plus à l’est, le long de la méditerranée.  

Les effectifs en hivernage ne semblent pas dépasser une petite cinquantaine d’oiseaux sur l’ensemble des Pyrénées, alors qu’en migration il semblerait que le passage atteint plusieurs milliers d’oiseaux.

A cela je me dois de rajouter mes propres observations en plaine alluviale sur le Gave de Pau, au lac d’Artix (110 m), depuis 1984, de la retenue collinaire d’Ayguelongue (159 m), depuis 1996, où j’ai observé l’oiseau pendant sa reproduction et chaque mois de l’année, ce qui lui donne un statut de sédentaire.
Il en est de même au lac de Castet (420 m), en vallée d’Ossau ou l’oiseau a aussi une présence sédentaire dans cette partie du gave d’Ossau à régime torrentiel.
L’observation la plus haute du chevalier guignette que j’ai faite est sur le gave de Bious à 1600 m, en vallée d’Ossau.

- Sur le gave de Pau en amont du lac d'Artix où j'avais observé 2 adultes et 1 juvénile le 4 juin 1987.
- Le 6 septembre 2004, je fus intrigué par le comportement d'un adulte de Chevalier Guignette qui poursuivait un jeune de la même espèce pour le faire s'envoler.

En conclusion, je ne vois aucune menace tant que les gaves et les cours d’eau des Pyrénées-Atlantiques ne seront pas endigués et bétonnés, ni le faible impact le long des gaves par le dérangement touristique qui ne me semble pas être un élément perturbateur,  
De plus l’espèce n’est pas chassable.  
  
Andréas Guyot.  

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