vendredi 5 juin 1992

Hivernage régulier de l'hirondelle des rochers (Hirundo rupestris) à Pau.

La situation et l'orientation architecturale du boulevard des Pyrénées, semble propice à l'hivernage des hirondelles de rochers. 
Depuis quelques années, j'ai l'occasion de suivre régulièrement un groupe de 15 à 25 individus de novembre à février. Si l'atlas des oiseaux de France en hiver (Yetman & Berthelot 1991) mentionne l'hivernage dans les Pyrénées-Atlantiques, la carte 45 XV ne la signale pas.
Dans l'atlas des oiseaux nicheurs d'Aquitaine (Boutet & Petit 1987) N. Pinczon du Sel signale une observation hivernale le 20 décembre 1982 à Hasparren; carte 44 XIII.

Ce boulevard est situé en terrasse, il est maintenu par un ensemble de hautes voûtes d'environ 30 mètres et orienté plein Sud. A son pied, un versant pentu composé d'une palmeraie, de mimosas et d'un jardin de rocaille. Les parties Sud-Ouest, Ouest et Est sont abritées par de nombreux et grands arbres longeant un canal. De plus la région paloise bénéficie d'un climat doux, sans vent dominant et d'une absence de brouillard.

Bibliographie

Yetman -Berthelot (1991) Altlas des oiseaux de France en Hiver. S.O.F. Paris.

Boutet - Petit (1987) Atlas des oiseaux nicheurs d'Aquitaine. C.R.O.A.P. Bordeaux.

Andréas Guyot
La bergeronnette: 10:3 (1992) 2e trimestre. 

jeudi 4 juin 1992

Le comptage des grands cormorans au lac d'Artix.

Les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) ayant choisi le gave de Pau comme lieu d'hivernage se regroupent tous les soirs au dortoir du lac d'Artix. Il existe le long des berges du gave des reposoirs où l'on peut voir des cormorans, mais ils ne passent pas la nuit sur les arbres. Ils rentrent à Artix dans l'après-midi, par petits groupes. 
Le moment le plus favorable pour effectuer les comptages se situent à l'aube lorsque ces oiseaux quittent le dortoir pour aller pêcher. En moins d'une heure, ils se dispersent au-dessus du gave.
Vers l'amont, on peut suivre leur progression d'Artix à St Pé de Bigorre sur 50 kms environ. Pour savoir comment ils se répartissent sur le gave, nous avons effectué des comptages en plusieurs endroits. 

Méthodologie :


Dès les premières lueurs de l'aube (vers 8 h à la mi-janvier) les premiers s'envolent. Pour ne pas manquer les premiers départs, il faut arriver au lac d' Artix une demi-heure avant le lever du soleil. En revanche, au pont des grottes de Bétharram, les premiers n'arrivent que vers 9 h, 9 h 20. A Pau il faut être en place avant 8 h 40. Ils défilent au-dessus de votre tête. 
Comme pour le tour de France cycliste, quelques échappés au début puis le gros peloton scindés en deux, enfin quelques attardés. Par petits groupes, ils quittent le vol pour se poser sur l'eau et se mettre à pêcher. S'ils ne trouvent pas de poissons, ils repartent et peuvent ainsi passer au-dessus de vous dans l'autre sens. 
Pour avoir un résultat fiable, il faudrait utiliser la méthode que le parc national emploie pour le comptage des grands rapaces, mobiliser le plus d'observateur possible, repartis régulièrement sur le terrain le même jour, à la même heure, en pendant le même temps. Par exemple pour les cormorans de 8 à 10 heures vers la mi-janvier, époque où leur nombre est le plus important. On note l'heure de passage de chaque vol, le nombre de cormorans pour éviter les comptages en double, le sens du déplacement. 

Résultats :

On pourra ainsi affiner les résultats que nous avons obtenus avec un taux d'incertitude élevé car effectués sur des jours différents du mois de janvier par trois personnes seulement. Ils donnent cependant un ordre de grandeur du phénomène. Les 297 cormorans qui d'envolent d'Artix vers l'amont, ne sont plus que 139 au-dessus de la gravière d'Artiguelouve, 89 au pont de Lescar, 75 au pont d'Espagne, 31 au pont d'Assat et 20 au pont des grottes de Bétharam.
On trouve donc sur l'eau, 138 cormorans entre Artix et Artiguelouve, 50 entre Artiguelouve et Lescar, 14 entre Lescar et Pau, 44 entre Pau et Assat, 11 entre Assat et Bétharam et 20 en amont du pont des grottes.

On remarque que deux cormorans sur trois pêchent en aval du pont de Lescar dans la zone où dominent les poissons blancs, la plupart de peu d'intérêt pour les pêcheurs. La densité des cormorans (15 à 20 au km) dans cette zone devient nettement plus faible en amont de Pau (1 à 3 au km) dans la zone à truites. 
Cette dernière densité, comparée à celle des pêcheurs relativise le phénomène cormoran, en dehors de tout effet médiatique. Pour une meilleure connaissance de notre environnement avec les pêcheurs l'an prochain.

Duplaa Jo, Garcia Georges, Guyot Andréas. 
La Bergeronnette : 10:1-2 (1992) 2e trimestre.

jeudi 19 mars 1992

Le Grand Cormoran (Phalacrocorax c. carbo) prédateur du Poisson-chat (Ictalurus melas).

Le 17 août 1991, au marais d'Orx dans les Landes, j'ai eu l'occasion, avec J.S. Devisse, d'observer un Grand Cormoran avalant un un poisson-chat avec beaucoup de précaution. j'ai pu ensuite l'observer plus en détail lors d'une seconde pêche. 
Près d'un îlot, dans une faible profondeur d'eau, car un Héron cendré y avait pied, notre prédateur a saisi le poisson par le ventre et l'a ensuite lacéré de coup de bec tout en essayant de la faire pivoter la tête la première. Cette opération a été répétée plusieurs fois, mais le poisson était toujours vivant lorsqu'il fut avalé.
La longueur de ce traitement préalable m'a surpris, car en règle générale le Cormoran ingurgite très vite les poissons. L'opération était probablement justifiée par l'armement défensif du poisson-chat: la première nageoire dorsale et les pectorales sont pourvus d'un fort aiguillon acéré et venimeux, dont la piqûre est douloureuse. Les deux exemplaires capturés étaient longs d'environ 10 cm, donc de faible taille. Le poisson-chat originaire d'Amérique du Nord et introduit dès le début du siècle en Europe, y est considéré comme une "peste". D'autres cas de prédation sur cette espèce sont-ils connus ?   
Andréas Guyot
7 rue Jules Verne
F-64000 Pau
Ref: Nos Oiseaux, 41:321 (1992)

samedi 15 février 1992

L'hivernage du grand cormoran (Phalacrocorax carbo) sur le lac d'Artix et en Béarn.

Historique du Grand cormoran

Pour mieux comprendre le phénomène "grand cormoran" un cour historique s'impose.
Au siècle dernier, Monsieur Philippe signale l'oiseau comme régulièrement présent toute l'année. Voici exacrement mot pour mot, ce qu'il a écrit en 1873 dans son ouvrage "Ornithologie pyrénéenne".

Grand cormoran carbo cormoranus.

Sommet de la tête, cou, poitrine et toutees les parties inférieures du corps ainsi que le croupion, d'un noir verdâtre : un large collier blanc sous la gorge, sur le cou, de petits traits blanchâtres qui sont presque imperceptibles; haut du dos et couvertures des ailes d'un brun cendré et souvent bronzé dans le milieu des plumes, ailes courtes : la deuxième rémige est la plus longue.
Queue composés de quatorze pennes  en forme de cône et de couleur noire. Région nue des yeux d'un jaune verdâtre : petite poche gutturale jaune. Iris et pieds verts. longueur 28 à 30 pouces.

Cet oiseau est sédentaire et se repend très avant dans l'intérieur des terres. On le trouve toute l'année au lac de Lourdes, et durant l'été,sur les lacs situés dans les régions alpines, tels que les lacs Bleu, de Gaube et Escoubous. Il niche soit à terre, soit sur les arbres et pond de trois à quatre oeufs d'un blanc verdâtre. Sa nourriture consiste en toute sorte de poissons. Il varie d'un blanc tapiré de vert foncé disposé par mouchetures.

Il s'est passé exactement cent ans entre la sortie du livre de Mr Philippe et les 10 premiers oiseaux revus sur le lac d'Artix et en Béarn. Et pourtant l'oiseau a disparu de la mémoire collective, car il est courant d'entendre aussi bien chez les pêcheurs que les chasseurs: Jamais l'espèce n'avait été vue auparavant. 

Histoire de la découverte de l'oiseau

Les ornithologues locaux ne le redécouvrent en Béarn que le 26 octobre 1973, les deux premiers oiseaux sur le lac d'Artix. L'hivernage est complet puisqu'ils sont 10 les 7 et 21 novembre ; 12 le 5 décembre; 7 le 26 janvier 1974 et 8 le 27 février 1974, puis plus rien jusqu'en 1976. 
Un seul grand cormoran sera observé sporadiquement en janvier 1976, en Janvier 1977, et le 20 mars 1978.
Ce processus est absolument normal; il y a toujours une phase où des éclaireurs cherchant des lieux de pêche et surtout des zones de non dérangement, afin d'économiser les ressources caloriques. Ce phénomène est connu chez les grands prédateurs.
Le deuxième hivernage débute dès septembre 1978 avec 5 individus et un maximum de 6 individus le 12 janvier 1979? c'est réellement le 20 novembre 1979 que débute l'hivernage régulier de l'espèce avec 20 oiseaux. un maximum de 25 oiseaux sera observé les 20 février et 12 mars 1980. 
L'hivernage 1980/1981 débute le 25 novembre avec 28 individus pour maximum de 40 individus le 28 janvier 1981. C'est le 29 décembre 1983 que l'on frôle les 100 individus, exactement 95. Pour l'hivernage suivant 1984/1985: le 24 novembre 1984, 122 individus sont comptés puis 160 le 22 décembre et enfin jusqu'à 220 oiseaux le 12 janvier 1985.
L'hivernage 1985/1986 atteindra 340 individus le 14 décembre.

Depuis 1987 il y a une saturation avec environ 400 individus maximum en hivernage.
Celui-ci débute environ dans la troisième décade d'octobre jusqu'à la troisième décade de mars soit 5 mois complets avec de forts effectifs. Néanmoins quelques oiseaux arrivent dès la fin juillet début août. Ils peuvent être encore présents jusqu'à la fin mai: il s'agit surtout d'immature qui s'attardent au printemps. Par contre des adultes peuvent arriver eux, très tôt, sur les lieux d'hivernage. 

Risque de reproduction 

Ce qui est grave, c'est que depuis 1987, stationnent toute l'année sur le lac d'Artix, des grands cormorans blessés aux ailes, par des chasseurs inconscients. Ceux-ci favorisent la nidification de ces oiseaux en les maintenant sur place. Si deux adultes arrivent à se reproduire une année, la nidification sera inévitable les années suivantes, car les jeunes sont toujours fidèles à leur lieu de naissances.

Importance et limite des dortoirs

Cet oiseau est socialement grégaire surtout dans ses lieux de repos, de dortoir et de pêche. Dans la journée les cormorans occupent des reposoirs entre le lieu de pêche et le dortoir. 
En Béarn seul le dortoir du lac d'Artix semble exister, il est possible qu'il y ait d'autres petits dortoirs plus ou moins dispersés. En revanche le long du gave, nous avons repéré plusieurs reposoirs diurnes.
Plus celui-ci est calme, plus il est fréquenté mais jusqu'à une certaine limite.
La dépense énergétique qu'impose le vol et la pêche ne peut être supérieur au pouvoir calorique des poissons que mange cet oiseau.
Il y a donc un facteur limitant la distance entre la zone de pêche et celle du dortoir, les études montrent qu'une distance de 50 Km serait un maximum.

Les comptages

Le dénombrement des oiseaux est toujours empirique les comptages d'oiseaux posés au dortoir ne nous donnent qu'un chiffre de base parce-que nous ne pouvons voir tous les oiseaux de 1 h 30 à 1 h avant la nuit. 
C'est ensuite le matin au moment ou presque tous les oiseaux partent sur les lieux de pêche que nous pouvons avoir un nombre près de la réalité.
En revanche, il n'est pas possible de compter les oiseaux lors de leur rentrée au dortoir. Les mouvements sont trop échelonnés des entrées et des sorties.

Les ressources alimentaires

Aujourd'hui, (1992) il me semble y avoir une saturation de nombre d'hivernants avec 400 oiseaux, car les ressources alimentaires ne peuvent en accueillir un plus grand nombre. Comme chez tous les grands prédateurs, c'est le nombre de proies qui régularise à la fois la reproduction et l'hivernage par le nombre d’œufs pondus. Il se pose effectivement un gros problème de ressources car l'enrichissement artificiel en poissons d'un cours d'eau fausse sa richesse. Les sociétés de pêche portent donc une part de responsabilité dans le nombre d'oiseaux présents, tout simplement parce-qu'elles contribuent à les nourrir par des proies trop faciles. 
En effet, qu'elle défense peuvent avoir des poissons élevés en pisciculture et mis dans un milieu sauvage par lessiveuses entières ? Cela est d'autant plus grave qu'en cette période de l'année un grand nombre d'hivernants sont encore présents. A leur tour les pêcheurs attraperont toutes ces proies faciles dans les mois qui suit l'ouverture.

Quel avenir pour l'espèce ?

La disparition de l'espèce en Béarn n'était pas uniquement due aux chasseurs comme on pouvait le croire, sa chair étant peu consommable (goût de poisson). 
Partout en Europe, l'oiseau avait été déclaré nuisible.
L'oiseau a été victime de son régime alimentaire et de la méconnaissance de sa biologie. Il faudra 1975 pour que l'espèce soit protégée en France et en 1977 dans toute l'Europe.

La raréfaction des poissons dans les cours d'eau, a pour cause essentielle la pollution provoquée surtout pas l'urbanisation rapide de la population.
Des personnes soutiennent la thèse suivante: le retour des grands cormorans dans nos rivières est la conséquence de la diminution des ressources alimentaires en bord de mer due a des pratiques de pêche par chalutage non conventionnel et l'emploi anarchique des filets (Dépêche du Midi du 28/11/91). 
Cet argument est contradictoire avec le fait que l'oiseau était sédentaire au siècle dernier dans notre région. 

Et puis dans toute la bibliographie, nous n'avons pas trouvé trace de telles études, existent-elles ? Nous sommes près à en tenir compte.
Il serait, à notre avis, important de lancer une étude sur le rôle de l'alevinage dans nos belles rivières. Cette toute action qui entraine une modification du milieu naturel et l'alevinage par lessiveuses entières en est une, a automatiquement des conséquences sur les poissons aussi bien sauvages qu'introduits. 

D'ailleurs cette pratique est elle-même contestés par certains autres pêcheurs. 
La disparition du cormoran souhaités par certains pêcheurs est une fausse solution, ces mêmes personnes demandent de pouvoir se débarrasser de cet oiseau, aujourd'hui et demain, quoi d'autres ?
Cela devient grave car certains "homo sapiens" trouvent même que d'autres "Homo sapiens" sont nuisible. Ce n'est pas par l'exclusion que l'on réglera les problèmes.
Où est le sérieux dans les discours de régulation puisque l'espèce se régule d'elle-même en fonction de la disponibilité des proies. et puis l'oiseau a 60 millions d'années derrière lui, il n'a jamais exterminé le poisson, l'homme moderne n'a que 2 millions d'année, ce qui fait 58 millions d'année sans l'homme. 
Restons sérieux et observons la nature pour comprendre et analyser objectivement, luttons ensemble pour obtenir des stations d'épuration biologiques des eaux usées et surtout la pêche le long des d'eau n'est qu'un loisir ou un sport pour  ceux qui le veulent.
Qui peut se dire propriétaire de la faune sauvage par l'octroie d'une carte de pêche. 

Bibliographie: 

Géroudet Paul (1991) Système hivernal du cormoran dans le haut bassin du Rhône - Nos oiseaux 41:145-164.

Philippe (1873) Ornithologie Pyrénéenne, oiseaux sédentaires et de passage dans les Pyrénées Françaises, Cazenave Bagnères.

Yeatman Laurent (1971) Histoire des oiseaux d'Europe - Bordas Paris.

Marion Loïc (1990) les oiseaux piscivores et les activités piscicoles impact et protection - Ministère de l'environnement et Ministère de l'agriculture et de la forêt - Paris.

Guyot andréas (1989) les oiseaux du lac d'Artix. cinq années d'observation - MJC du Laü Pau.

Austin O & Singer A, Familles d'Oiseaux Ottawa Canada.

Yesou Pierre (1989) Fidélité de grands cormorans à un site d'hivernage ou à un axe migratoire. ORFO 59:175-178.

Cet article n'aurait pas été possible sans les notes de terrain des ornithologues locaux des années 60 et 70: J.C Alberny, Philippe Desaulnay, Gérard Blake. 

Je tiens particulièrement à les remercier, ainsi que le petit-fils de Simin Palay qui m'a permis d'avoir accès à sa bibliothèque. 

Andréas Guyot
Jo Duplaa 
La Bergeronnette 9:2-8 (1992) 1er trimestre.

mercredi 13 novembre 1991

Première nidification réussi du crabier chevelu (Ardeola ralloides) sur le lac d'Artix.

Le héron crabier ou crabier chevelu présente une distribution limitée en Europe occidentale, en effet, il ne se reproduit qu'au Portugal, en Espagne, en Italie et en France principalement en Camargue et en Dombes (Yeatman 1976). (Géroudet 1978). 
Lors du dénombrement de la colonie:
de Héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), d'Aigrette garzette (Egretta garzetta) , d'Héron cendré (Ardea cinerea), d'Héron pourpré (Ardea purpurea), (tout ce petit nombre niche conjointement année après année et sans problème de cohabitation).

Nous eûmes la surprise le 31 mai 1986 d'observer deux individus en plumage nuptial. Puis le 1 et le 9 juin et toujours en couple. 
Aucune activité n'a été manifestée avant le 14 et le 15 du mois où j'ai observé des transports de branches, mes observations se sont poursuivies jusqu'au 28 juin et puis plus rien. 

Le couple a t'il niché? pour certains, c'est probable, d'autre non. Nous ne le serons jamais. il en va de même pour les observations du 17 au 27 mai 1989. 
La preuve certaine de sa nidification n'a eu lieu que l'année 1990, où là nous avons pu suivre tout son déroulement jusqu’à l'envol des jeunes, soit du 22 mai au 25 juillet, deux couples ont été observés mais un couple a pu être suivi car son nid était situé au bord de la colonie. La ponte a été déposée vers le 1.6.1990, les 4 jeunes sont nés vers le 23.6.90, le 25 juillet, un adulte était encore présent avec 3 juvéniles volants puis plus rien. 

Ce que nous pouvons dire sur cette nidification hormis les détails de comportements, c'est que l'espèce est très discrète car bien souvent les deux adultes étaient présents sur le nid ou très proche celui-ci sans aucune activité et cela pendant de très longues heures, contrairement aux aigrettes garzettes et au bihoreaux gris qui ont précis, notre oiseau ne semble pas en avoir vraiment, ce qui rend difficile son observation dans une colonie aussi dense que celle d'Artix. Malgré tout, c'est surtout au moment du crépuscule que nous avons pu observer une activité. Pour être plus précis avant que les bjhoreaux ne partent se nourrir, vers 18 h jusqu'à 20 h environ.

Bibliographie

Berthelot J.Y., & Navizet G. (1986) Note sur les hérons crabiers nicheurs. Nos oiseaux 38:354-358.

Géroudet Paul, (1978) Grands echassiers, gallinacés, râles d'Europe. Delachaux & Niestlé. Neuchâtel Paris.

Guyot Andréas, (1989) les oiseaux du lac d'Artix, 5 années d'observation, MJC du Laü Pau.

Hafner Heinz (1977) contribution à l'étude écologique de quatre espèces de héron pendant leur nidification en Camargue. Thèse d'état, Toulouse.

Roche Pascal (1983) Le héron crabier en région toulousaine, le Grand duc, 22:29-31. 

Yeatman Laurent (1976) Altlas des oiseaux nicheurs de France SOF Paris.

Andréas Guyot.
La bergeronette: (1991) 8:6-8. 4e trimestre. 

dimanche 15 septembre 1991

Le nourrissage hivernal à Gan ; (dans les Pyrénées-Atlantiques).

Bulletin des observations ornithologiques de Regardez vivre les oiseaux, troisième trimestre 1991 N°7.

Nous n'avons pas voulu refaire un livre sur le domaine, car la bibliographie permet, pour celui qui veut chercher, de trouver toutes les généralités et conseils divers, voir les précautions à prendre pour le nourrissage hivernal, mais aussi pour le choix des aliments. D'ailleurs dans les livres conseillés l'information va plus loin, jusqu'à l'aménagement de votre jardin, la construction de nichoir adresses utiles et même les premiers soins pour les oiseaux blessés.
j'ai une petite préférence pour le guide complet pour nourrir, observer et protéger les oiseaux : "L'ami des Oiseaux".


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Ce dossier est issu de l'expérience des uns et des autres uniquement. Pour le nourrissage, il y a deux façons. Les oiseaux nourrissent uniquement au sol et ceux qui se posent sur nos mangeoires.

Pour ceux qui se nourrissent uniquement au sol : Tourterelles, merles, grives, rougegorges, accenteurs, pinsons et bergeronnettes, prévoir un abri d'une surface minimum de trois mètres carré, hauteur 60 cm sur le devant et descendant jusqu'au sol vers l'arrière, les côtés resteront ouverts, l'entrée vers l'est bien sûr (comme pour les nichoirs). 

Pour l'alimentation

- Pigeons, tourterelles : Blé, maïs concassé
- Merles, grives : pommes, poires
- Accenteurs, rougegorges, bergeronnettes, bien qu'ils soient insectivores : les petites graines de millet et d'alpiste sont parfois mangées ainsi que les vers de farine. 
- Pinsons et moineaux ont un régime éclectique : petites graines ou tournesol et fruits.

Plateau avec Abri

Surtout, employez les restes de tables : miettes, gras divers, restes d'aliments, riz, feuilles de salade (aussi au sol), les mésanges sont friandes de reste de quatre-quarts.

Panier pour graines de tournesol

Le plus apprécié de tous, incontestablement. Deux techniques, non recouvert : les bouvreuils, verdiers viendront s'y nourrir par le haut. Recouvert : seules les mésanges, sitelles et parfois tarins s'y agripperont pour prendre les graines.

Demi-noix de coco pour l'eau

L'abreuvoir est indispensable sous n'importe quelle forme, ne pas confondre avec une baignoire pour les toilettes. L'avantage des noix de coco, c'est que les oiseaux ne s'y baignent pas.

Abri pour graisse et margarine

L'idéal est d'acheter de la margarine végétale de tournesol dans son emballage plastique (modèle 250G gr) mettre le tout tel qu'il est présenté, succès garanti. 

Buche avec trou de 40 mm

Prendre un rondin de 50 cm de hauteur. Dans du chêne ou du pin à cause de l'écorce (le hêtre est top lisse) et de 15 cm de diamètre environ. Sur les côtés, percer des trous de 4 cm de diamètre minimum et d'une profondeur de 4 à 5 cm. Ensuite vous faites un mélange margarine de tournesol avec des graines : Alpiste, millet blanc, tournesol et vous bourrez les trous du mélange. Vous y avez toutes les mésanges et les tarins. Très sélectif et très visuel surtout lorsque la sitelle vient s'y nourrir, ou le pic épeiche (rare).

Triple distributeur de graines

L'on peut le faire à quatre voire cinq trémies pour tournesol, alpiste, chènevis, chardon et millet blanc. Les distributeurs sont fréquentés par un très grand nombre d'espèces même les moineaux. Des distributeurs classiques pour un seul aliment peuvent avoir autant de succès. Il y est possible de les multiplier pour autant d'aliments que l'on veut en diverses parties du jardin. Il y a moins de compétition sur les postes, mais c'est plus difficile à observer, car plus loin de la fenêtre, c'est aussi moins visuel. La concentration autour d'un arbre est magnifique par le nombre et la diversité des espèces. c'est un spectacle ! 

Vous trouverez une bibliographie. je conseille le guide "l'ami des oiseaux" de Robert Borton si vous deviez n'avoir qu'un livre, ou, "Les oiseaux des villes et des villages de J.F. Dejonghe. 

Bibliographie 

** L'ami des oiseaux de Robert Borton, Bordas 1990.
- Guide des jardins vivant de Florence Englebert, maison rustique, Flammarion 1988;
- Créez votre jardin sauvage de Chris Baines, terre vivante, 1989.
- Le bonheur des oiseaux de M.L. Vidal de Fonseca, chez Robert Laffont 1971.
- L'alimentation des oiseaux de Peter Lane, ed Marcel Broquet 1987.
- Oiseaux d'automne et d'hiver, collectif LPO 1990
- Les oiseaux des villes et des villages de J.F. Dejonghe, le point vétérinaire 1983
- Guide des oiseaux, sélection du Reader's Digest 1975.
- Les oiseaux des bois et des jardins de O. Henze et G. Zimmermann, Delachaux et Niestlé, 1968.
- Une mare naturelle dans votre jardin de Hartmut Wilke, Terre Vivante, 1989.
- Baies et fruits de nos bois et jardins de Hans E. Laux et Michel Guèdes, Bordas 1985. 

** si vous ne deviez n'avoir qu'un livre.

Andréas Guyot. 1991. 
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voir ma page facebook sur "Nourrir les oiseaux" 
https://www.facebook.com/groups/261750371959004
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Liste des oiseaux depuis 1985. 

Liste des oiseaux à la mangeoire à Gan 64.

Avec un jardin et verger de 1500 m2, avec tout type de nourriture et depuis 1985.

Mésange bleue

Mésange charbonnière

Mésange à longue queue

Mésange huppée

Mésange noire

Mésange nonette

Pinson des arbres

Moineau domestique

Sittelle torchepot

Grimpereau des jardins

Accenteur mouchet

Rougegorge familier

Troglodyte mignon

Bouvreuil pivoine

Chardonneret élégant

Verdier d’Europe

Tarin des aulnes

Pouillot véloce

Fauvette à tête noire (verger)

Bergeronnette grise (sol)

Merle noir (sol)

Grive musicienne (sol)

Tourterelle turque (sol)

Geai des chênes (verger)

Pigeon ramier (verger)

Pigeon domestique (verger)

Pie bavarde (verger)

Corneille noire (verger)

Etourneau sansonnet (sol)

Pic épeiche (buche et verger)

Gros bec casse noyaux

Leiothrix jaune

 

dimanche 1 septembre 1991

Tentative de parasitisme de Grands corbeaux à l'aire du vautour fauve.

Dans une falaise calcaire en vallée d'Aspe dans les Pyrénées-Atlantiques, nichent un couple de Grand Corbeaux (Corvus corax), un couple de Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) et un couple de Vautour fauves (Gyps fulvus).
Dès le matin du 20 avril 1991 vers 9 h, les ceux Vautours fauves adultes partent à la recherche de nourriture, laissant seul le jeune qui a environ 10 jours. A leur retour vers midi et à peine sont-ils posés sur l'aire, les Grands Corbeaux les harcèlent sans ménagement afin de subtiliser la nourriture destinée au jeune vautour. L'insistance de ces corvidés est elle qu'il faut beaucoup d'énergie au vautour pour les empêcher de prendre la pitance à peine déglutie. Pendant tout le nourrissage, un des adultes protège l'autre et vice versa, tout cela pendant environ quinze minutes. Le déglutissage terminé et le jeune nourri, les grands corbeaux d'apaisent et rejoignent leur aire située à 25 m de là.
A aucun instant le jeune vautour laissé seul sur l'aire n'a été inquiété par les Grands Corbeaux, ni pas les Corneilles noires (Corvus corone) présentes. Lors de nos visites dans d'autres secteurs de la vallée, nous avons pu vérifier une nouvelle fois ce type de parasitisme.
Le plus surprenant est que plusieurs couples de Vautours fauves laissent leurs jeunes seul à l'aire; toutefois, nous n'avons alors constaté aucun cas de prédation sur celui-ci; c'est seulement le nourrissage qui est visé. 
Andréas Guyot, Jean-Luc Ligor, René Rose
Regardez vivre les oiseaux
81 av du loup, F-64000 Pau
Ref: Nos oiseaux 41:195 (1991).

dimanche 9 juin 1991

Première observation de Macreuse noire (Melanitta nigra) sur le lac d'Artix.

Le dimanche 14 avril 1991, lors d'une visite au lac d'Artix nous découvrîmes un groupe de 7 canards très groupés et immobiles.

Déjà aux Jumelles "10 x 40", je reconnus les quatre femelles de macreuse, par ailleurs observées sur la côte atlantique à Capbreton et dans l'estuaire de l'Adour à Bayonne.
A la longue-vue "22 fois" nous pûmes détailler le plumage de deux mâles en livrée immature, le dernier était en plumage d'adulte.

L'observation s'est faite à environ 70 à 80 m dans des conditions de lumière excellentes. Les trois mâles avaient le culmen jaune/orangé, l'adulte avait le tubercule plus prononcé.

Dans les dates l'apparition n'est pas surprenante car j'avais déjà observé l'espèce le 1 mai 1986 et le 22 avril 1988 à la pointe de Grave (33).
Pour le lieu, c'est une autre histoire, car depuis sa création en 1958 jamais l'espèce n'y fut signalée.

L'après-midi, après avoir prévenu les membres de l'activité, nous retrouvâmes les macreuses au même endroit et chacun put observer les différents critères d'identification.

Dans la bibliographie l'espèce est observée jusqu'en mai.

- Les oiseaux de Fontainebleau - J.P. Siblet
- Oiseaux d'Alsace - C. Kemf
- Guide des oiseaux de Camargue - Blondel, Isemman
- Les palmipèdes - P. Géroudet
- Rapports du Cap Gris-Nez et bulletins du centre ornithologique de l'île d'Ouessant.

Guides:
Bird identification - Macmillan
Tous les oiseaux d'Europe - Bordas. 

Andréas Guyot.
Antoine Aly.

La Bergeronnette: 6:18-19, (1991) 2e trimestre.

samedi 2 mars 1991

Synthèse des observations de la grande aigrette (Egretta alba) sur le lac d'Artix.

La première observation a été faite le matin du 24 novembre 1985.
Avec Patrick Bach, lors du comptage du dortoir d'aigrette garzette (Egretta garzetta), nous eûmes la surprise de trouver un aigrette plus grande parmi les 24 oiseaux. De la taille du héron cendré, bec jaune, déjà l'identification ne semblait pas faire de doute.
Lors de l'envol, nous remarquâmes ses pattes noires, la différence de taille avec les garzettes est flagrante, le cou plus en S.

D'autres observations ont été faites les 27 et 30 novembre avec des amis, qui nous confirmèrent notre observation.
Le 1er décembre, mais aussi les 4, 14, 21, 25 et 29, nous aurons tout le loisir d'être comblés par cette rareté.
Le CHN, (Comité d'Homologation National) qui certifie les raretés, a donc homologué la grande aigrette sur le lac d'Artix (1er du genre pour le département). 

En 1987, lors de la vague de froid, le 14 janvier vers 17,30 h l'oiseau se nourrit sur le lac puis s'envole. Le 18 avec Antoine Pisu, nous l'observons sur la cime d'un saule; le lendemain, Jean-Louis Grangé l'observe à nouveau, puis plus rien.
Ce n'est que j'hiver suivant, dès le 26 décembre de la même année que la première observation est faite et ceci jusqu'au 10 janvier 88.
Il nous faudra attendre deux ans pour l'observer du 13 janvier 90 jusqu'au 26 février, et à nouveau dès le 27 octobre 90 jusqu'au 3 novembre toujours de la même année 90.

Ses apparitions sont toujours furtives. Il n'est pas question d'hivernage, impossible de dire s'il s'agit d'un seul et même individu, néanmoins sa visite est de plus en plus courante sur le lac d'Artix car l'oiseau y a séjourné à 5 reprises de 2 à 40 jours environ, ce qui démontre une qualité d'accueil du milieu.

La grande aigrette fréquente aussi notre région plus ou moins épisodiquement. Voici une série d'observation. d'Aquitaine et des hautes Pyrénées. 

Mes observations personnelles:
- 3e hivernage complet et consécutif d'un seul individu au lac de Puydarieux 65
- 2 individus au marais d'Orx (40) depuis le 26 dec 1990 et 1 depuis le mois de novembre.
- 2 individus du 14 au 22 avril 90, au Verdon s/mer (33)

Observations relevées dans le courbageot N°13 (Mai 1989).
- 1 ind le 11/2/87 Etang de Lacanau, 33
- 1 ind le 12/1/86 Etang de Carcans, 33
- 1 ind le 28/11/85 Etang de Lacanau, 33
- 1 ind du 10/1 au 28/2/85 Etang de Lacanau, 33
- 1 ind en août 1976 à Blanquefort, 33
- 2 ind les 16 et 17 juin 1975 à Malprat, (Bassin d'Arcachon)
- 1 ind en mai 1966,  île aux oiseaux, (Bassin d'Arcachon)
- 1 ind tué le 15 nov 1946 à Pontonx-sur-Adour, 40. 

Bibliographie

Dubois P.J., Yesou P. (1986) Inventaire des espèces d'oiseaux occasionnelles en France. Page 26-27.

Grasset D. (1990) l'oiseau blanc, La Bergeronnette 1-12. Mjc du Laû Pau.

Grisser P., Sargos F. (1982) Statut des ardéidés en Aquitaine, bilan 1997/1980. Le courbageot 9 1-28. CROAP Bordeaux.

Guyot A. (1989) les oiseaux du lac d'Artix, 5 années d'observations. Page 31.

Harle P., Lebail J.C (1979) Etude phénologique et variation numérique de l'avifaune du lac d'Artix. Le coubageot 6, 1-9. CROAP Bordeaux.

Reviriego B., Grisser P. Synthèse des observations de la grande aigrette (Egrette alba) de 1985 à 1987 sur les étangs de Carcan et de Lacanau 33. Le courbageot 13, 39-41. CROAP Bordeaux. 

Sardin J.P. La grande aigrette (casmerodius albus) en France UNAO 12 pages. 

mardi 11 décembre 1990

Première nidification réussie en France de l’élanion blanc, Elanus caeruleus

N°422. Nos oiseaux, Volume: 40, fasc: 8. Pages: 465-477. (Décembre 1990).

Andréas Guyot
Avec la collaboration de J. Duplaa, G. Holin et P. Géroudet.


Depuis quelques années, la région d’Aquitaine proche des Pyrénées les plus occidentales promettait l’installation de ce petit rapace. Le 21 juin 1983 en effet, A. Papacotsia découvrit fortuitement, lors d’une étude d’impact d’un chantier, un couple d’Elanions blancs dont les accouplements et la construction d’un nid laissèrent ensuite espérer la reproduction. Toutefois celle-ci échoua ou du moins ne put être confirmé…. La présence des oiseaux se prolongea néanmoins pendant plus d’un an, puisqu’ils construisirent de nouveau en 1984 sans résultat et furent encore observés le 23 octobre non loin de là (A. Calle, P. Grisser, A. Papacostia et al (1,5)) . En 1985, au moins un adulte séjourna jusqu’en mars (A. Papacotsia), un ou deux du 12 au 22 août (P. Grisser, P. Petit). En 1986 encore, un Elanion fut observé jusqu’au 3 avril, puis disparut (P. Grisser et al) (1). Les trois années suivantes n’apportèrent plus de nouvelles….

Le 22 février 1990, un couple est reparu sur la lande, dont la localisation ne peut être précisée pour des raisons évidente. Cette fois, le succès tant attendu nous permet de relater la première nidification réussi de l’Elanion blanc en France, à ce jour également la plus septentrionale d’Europe.

Le paysage, le nid et les conditions d’observation

Nous sommes ici sur un plateau argileux à l’altitude de 70 m, qui domine la plaine du Gave et constitue le seuil du piémont pyrénéen occidental. Au sud, Les montagnes basques barrent l’horizon, au nord commencent les landes de Gascogne. La transition est symbolisée par un grand chêne pédonculé (Quercus ruber)  voisinant avec un bosquet clairsemé de pins maritimes (Pinus pinaster). La végétation naturelle sur ce plateau est la lande de genêts, d’ajoncs nains (Ulex minor) et de molinie (Molinia caerulea), dont la faible pente lui a valu son nom béarnais de Laneplaa. Il n’en reste cependant que des lambeaux épart au sein d’une mer de maïs…. En effet, cette monoculture réussit trop bien sur la couche de terre noire visible au-dessus de l’argile sur le bord des fossés de drainage ; l’expansion du maïs continue aux dépens de la lande originelle, réduite ici à une zone d’environ 2 km 2. C’est en sommes un paysage de plus en plus banalisé, dont la monotonie n’est rompue que par l’émergence de quelques pins et des prairies steppiques où pâturent encore des vaches.
Le territoire de chasse des Elanions blancs comprend essentiellement ces pâtures ouverts et les chemins agricoles dans un rayon de moins de 1000 m autour du site de nidification.
L’aire de ce couple est construite sur la cime fourchue d’un pin maritime à près de 8 m du sol. Vue d’en haut (car nous ne l’avons pas visitée) elle paraît avoir environ 50 cm de diamètre et se composer de branchettes assez fines, parmi lesquelles on aperçoit des brins d’herbe. Autour de l’arbre s’élèvent quelques autres pins clairsemés, pas bien hauts non plus ; un peu à l’écart s’en dresse un plus grand qui domine la parcelle de lande d’une quinzaine de mètres et sert de perchoir habituel pour les adultes, - c’est à son pied que nous avons ramassé les pelotes.

Notre affût d’observation se dissimule dans la lisière d’un champ de maïs, à 180 m de l’aire. De là, nous pouvons sans les inquiéter voie les adultes ai nid et sur leurs postes de repos. En revanche, les activités de chasse ne sont pas visibles. Au total, nos observations ont duré 181 heures, réparties sur 32 jours. Elles se sont concentrées avant tout sur les soirées, moins souvent sur les matinées ou sur la journée entière, - ceci selon nos possibilités partagées entre plusieurs personnes, mais aussi en raison des chaleurs torrides de cet été 1990. 


Exposé chronologique des observations de 1990

22 février, Les deux adultes sont vus pour la première fois par Serge Pommies (6), Le couple est encore noté là le 24 mars, le 13 avril  (les deux oiseaux séparés d’un kilomètre) et le 4 mai, sans qu’une activité nuptiale ne soit remarquée.
6 et 7 juin (de 10 à 20 h). Plusieurs accouplements par jour, transport de matériaux dans un pin : la nidification s’annonce !
12 juin (de Pascal Misiek). La femelle (supposée) se pose régulièrement sur l’aire, semble piétiner le fond, s’y couche aussi en écartant les ailes et avec précaution, comme s’il y avait un œuf. Le mâle y vient une fois mais se tient debout, puis va s’accoupler sur sa compagne, sur un autre pin.
13 juin (idem). « Dès mon arrivée à 15 h, la femelle occupe l’aire et change trois fois de position. Le mâle y vient quatre fois avec des branchettes ou une proie. Entre-temps, elle quitte le nid, mais dès qu’il arrive c’est la copulation et l’offrande de nourriture ».
1 juillet (11 à 20 h). La femelle couve. Nous pensons qu’elle a dù pondre autour du 25 ou 27 juin. Le mâle chasse dans les prairies vers 18 h 30 et apporte une proie directement à la couveuse. 
7 juillet (16 à 20 h). Le mâle chasse. Aucune offrande n’est constatée ce jour-là.
14, 15 et 19 juillet. Couvaison en cours. Le mâle nourrit dans la soirée, après avoir chassé vers 18 h avec de longs arrêts.
22 juillet (10 à 22h). Une ou plusieurs éclosions ? La femelle a changé de comportement : elle se lève, semble nourrir, couve avec précaution, regarde fréquemment le fond de l’aire, se pose sur son bord ou très près de celui-ci.
27 juillet (10 à 22 h). Nous apercevons trois poussins en duvet ivoire à beige ; la femelle les nourrit.
1eraoût (18 à 20 h). Entre le plus grand et le plus petit des poussins, la différence de taille est très perceptible. Des plumes sortent déjà des fourreaux : grandes couvertures sombres bordées de blanc. Le cadet a le bec bien noir, la cire claire, l’œil brun ; le sourcil bien fourni assombrit la paupière. Ce soir là, le premier nourrissage est observé à 21 h 30, juste avant le coucher du soleil : un micro-mammifère à longue queue (mulot ?).
3 août (18 à 22 h), (de Marie-Claude Mahieux et Georges Holin). Lors d’un nourrissage, quatre poussins sont observés.
10 août (18 à 20 h). Les quatre jeunes sont confirmés ; le plus grand bat déjà des ailes et ils crient, ce qui semble stimuler les nourrissages qui se suivent rapidement : 20 h 25,,,, 20 h 30 …. 20 h 50…. 20 h 52….. 20 h 54…, puis plus rien jusqu’à celui de 21 h 05. « Une telle fréquence est rare chez les rapaces » nous dit Jean-François Terrasse, en visite. En tout six proies : 2 rongeurs sans queue et quatre non identifiées. 
11 août (9 h 30 à 21 h 30). Premiers nourrissages vers 10 h 15…. 10 h 40….. 11 h… Lors des deux premiers, le mâle qui a chassé donne la proie à sa compagne, qui l’apporte aux jeunes, Echanges de cris entre les partenaires, mais aussi entre jeunes et adultes. Pendant plus de sept heures, de 11 h à 18 h 15, les jeunes s’agitent, mais rien ne se passe. L’attente est pénible par une chaleur de 35°C sans vent…. Dès 18 h 50, un adulte se perche sur « son » pin après avoir survolé l’aire, puis les nourrissages reprennent : 19 h 04…. 19 h 40…. 19 h 58…. Le cadet de la nichée arrive à bien se nourrir, bien que sa taille soit identique à celle qu’avait l’aîné dix jours plus tôt, le 1eraoût.
12 août (15 à 22 h). Début des nourrissages à 16 h 42 par ciel couvert, mais un vent fort se lève et les interrompt jusqu’à 18 h 58 ; d’ailleurs les adultes ont délaissé leurs postes habituels à la cime des pins. 
14 août (18 à 22 h). Un orage a éclaté la veille au soir. Sur l’aire ne restent que trois jeunes : 1er, 2e et 4e par ordre de naissance. Cinq Pies (Pica pica) se sont posées autour du nid, que l’une d’elles paraît regarder avec intérêt. Les adultes les intimident en venant tout près ou en les chassant au vol. 
15 août (8 à 22 h). Trois jeunes visibles jusqu’à 11 h, avant qu’ils ne somnolent. A 16 h 45, 1er et 2e sont hors du nid, sur une branche qui le porte. A 19 h 45, l’ainé vole sur l’aire pour la première fois, âgé d’au moins d’au moins 25 jours. Qu’est devenu le n°3 ? A 20 h, je me décide à explorer le site au –dessous de l’aire, fort à propos car je découvre l’oiseau encore vivant, à terre au fond des ajoncs….. Le remettre au nid, c’est prendre le risque d’effrayer les autres, qui iraient se perdre dans les maïs déjà très hauts et denses entourant la parcelle. Mieux vaut le placer au centre de soins en attendant qu’il puisse voler et nous le rapporterons alors sur le site.
16 août (15 à 22 h). Après avoir nourri cet oiseau avec des foies de volaille et des cous de poulet, je le transfère donc, au centre U.N.C.S. (Union nationale des centres de soins). A mon retour sur les lieux, l’ainé des jeunes vole toujours sur place ou change de perchoir en voletant au dessus de l’aire. Le 2e bat des ailes sur le nid et le cadet encore peu ou pas emplumé semble vigoureux. A mesure que les juvéniles avancent en âge, le roux de la poitrine disparaît et le gris de la calotte d’éclaircit.
17 août (18 à 22 h). Présentation du site aux gardes de l’O.N.C., afin que leur information prévienne des « bavures » à l’ouverture de la chasse le 10 septembre. En soirée quatre nourrissages : 20 h 40…. 21 h 05…. 21 h 15…. 21 h 25…. ; soit une proie avec queue et trois sans, toujours des micro-mammifères.
18 août (9 à 20 h). Quoique à l’affût depuis 9 h, nous ne constatons aucun apport de nourriture avant 19 h. Le cadet est servi en priorité, les deux autres volent sur place ensemble en se soulevant du perchoir.
20 août (15 à 21 h). L’ainé s’élève face au vent, les ailes déployées écartées de 120° environ, sans battements. A 18 h précises, il part et Georges Holin le perd de vue, mais il revient à 20 h sur l’aire, où le cadet reste couché, tandis que le 2e bat des ailes sur une branche. A noter que cette première excursion aérienne, à l’âge de 29 à 31 jours, n’a suivi aucune incitation manifeste de la part des adultes. D’ailleurs il n’y a pas eu de nourrissage entre 16 h 30 et 20 h.
22 août (17 à 21 h 30). Rien ne se passe comme l’avant-veille. Le cadet est nourri à 18 h, puis le 2e prend son essor à 19 h 40, mais cette fois il a été stimulé par un parent qui a volé en cercles autour de lui ; auparavant, il n’a pas déployé ses ailes. A 20 h un nourrissage fait revenir les deux jeunes qui s’étaient éloignés, mais c’est le cadet qui s’empare de la proie, puis sort du nid et grimpe sur les branches. Un adulte provoque l’envol de ses deux compagnons perchés sur un pin, en les frôlant au passage.
27 août (18 à 21 h). Les deux jeunes volants se posent ensemble sur une branche sèche et joutent bec contre bec.
29 août (16 à 21 h). C’est aujourd’hui le retour du 3e, le rescapé remis en forme au rythme d’un poussin de poule par jour. Bagué (EAI 5491) au tarse droit, il est amené en vue de l’aire natale, jaillit de son carton comme propulsé par un ressort et se dirige droit vers les pins. A 20 h 30, les quatre jeunes Elanions sont réunis : un succès total !
30-31 août (18 à 21 h et 15 à 21 h). Le jeune bagué stationne sur le nid, où il est bousculé lors du nourrissage par le 2e qui s’empare de la proie apportée. Le cadet reste calme, mais s’envole à 20 h pour la première fois et se pose maladroitement sur un pin distant d’une centaine de mètres
3 septembre (15 à 20 h). seul le cadet retourne encore à l’aire. Pour nous, la fin des vacances est aussi celle de nos observations : nous ne pourrons pas suivre la phase finale de l’élevage des jeunes Elanions blancs.


Aperçu sur l’alimentation du couple et des jeunes


Les Elanions blanc chassaient et apportaient des proies tôt le matin et tard en soirée, au maximum pendant 5 heures après le lever du soleil et autant avant son coucher. En principe, les adultes étaient inactifs pendant les heures chaudes en milieu de journée, probablement parce que les chances de repérer des proies étaient alors à peu près nulles. Leur mode de chasse, classique pour l’espèce (3,4), consistait essentiellement en affûts aériens en vol sur place, comme chez le faucon crécerelle, suivis de chutes en piqué jusqu’au sol, en relevant les ailes à la verticale.  
Les observations à distance ne permettaient pas d’identifier les proies avec certitude, sinon que c’étaient des micro-mammifères, Certains soirs d’août, le rythme très rapide des apports à l’aire prouvait l’efficacité de la chasse et une bonne disponibilité de proies sur les près et chemins des alentours immédiats. Les pelotes de réjection récoltées au-dessous des reposoirs après l’envol des jeunes ont été examinées par Paul Géroudet et analysées aimablement par Stéphane Aubry, sous la direction du professeur Claude Mermod, à l’Institut de Zoologie de l’Université de Neuchatel. La détermination au microscope s’est basée sur Debrot, Fivaz, Mermod & Weber (1982) : Atlas des poils de mammifères d’Europe. Ed. institut de Zoologie, Neuchâtel.
L’aspect des pelotes d’Elanion blanc est parfaitement résumé dans le Hand-buch der Vögel Mitteleuropas de Glutz von Blotzheim, Bauer & Bezzel (Wiesbaden 1971) : « pelotes lâches, riches en poils et os, rappelant celles des chouettes ». Les 39 boulettes étaient pour la plupart de forme ovoïde courte avec 30 x 20 mm de dimension moyenne ; quelques-unes plus allongées atteignaient au maximum 50 mm de longueur, la plus petite mesurait 24 x 16 mm ; à l’état sec, le poids moyen était de 1,23 g (n : 19). Sur ces 39 pelotes, 22 ne contenaient qu’une proie, 14 en avait deux et 3 en comprenaient trois différentes ; aucune ne présentait 2 ou 3 espèces identiques. La récapitulation des 59 proies est la suivante : 
Microtus arvalis    18
Microtus sp           18
Apodemus sp          6
Crocidura sp           9
Passereau sp          5
Oiseau sp               3
Soit 36 Campagnols  =    61%
          6 Mulots         =    10%
          9 Musaraignes =   15%
Soit    8 Oiseaux       = 13,5%

Ce bilan reflète la banalité du milieu en grande partie cultivé et des habitudes d’un petit prédateur chasseur de proies terrestres, mais capturant à l’occasion de petits oiseaux. Les vestiges de plumes de ces derniers étaient trop altérés pour permettre une détermination plus précise (P.G.)


Les antécédents de l’Elanion blanc en France

Ce petit rapace, que l’on pensait jadis confiné en Afrique, est entré il y a 160 ans dans l’avifaune de France au titre de visiteur accidentel. En 1830, il fut capturé en mai près de Nimes (Gard) et le même mois près de Cassel (Nord) ; un troisième fut tiré le 1er septembre 1841 à Dieppe (Seine Maritime). Un mâle adulte tué dans la plaine de Gennevillers près de Paris est signalé en 1884 par Cretté de Palluel, mentionne Mayaud (Commentaires sur l’ornithologie française, Alauda IX : 72-73, 1939). Ce dernier estime douteuses des captures à la fin du XIXe siècle en Côte-d’Or, ainsi que l’origine d’un spécimen prétendu provenir des Vosges.
Une nouvelle apparition est observée le 17 avril 1973 en Crau (Bouches-du-Rhône) par Lachat & Gerber (Nos oiseaux 32 : 202, 1974) ; puis le 18 avril 1979 près de Villars-les-Dombes (Ain) par C. Guex (Le Bièvre 2 : 187-188, 1980). De 1983 à 1986, L’Elanion blanc se montre en Aquitaine (Landes et Pyrénées-Atlantiques), comme précisé en tête de cet article ; ces observations annuelles mais intermittentes donnent de fortes présomptions de nidification. Après un hiatus de trois ans, la reproduction est confirmée en 1990 dans cette région.
Ailleurs, l’homologation du C.H.N. est accordée pour un Elanion le 13 mai 1985 en Crau, (Bouches-du-Rhône), dans la même localité qu’en 1973…. (B. Georges, G. Griffiths et al.) ;… un du 15 août au 23 octobre 1985, sur un site non précisé du lLot-et-Garonne (J-M. Delmas) ;…. un migrateur le 9 août 1988 à Lindux, Pyrénées-Atlantiques (F. Dupuy) ;….. un migrateur le 24 octobre 1989 à Eyne, Pyrénées-Orientales 1. En 1990, le C.H.N. homologue l’oiseau du 7 février à Pougny, Ain, observé par J.R. Berthoud & Ch. Stern (Nos oiseaux 40 : 479, 1990).
En outre, trois autres apparitions inédites restent à examiner par le C.H.N. : 15 avril à l’étang de St-Nazaire, Pyrénées-Orientales, et le 15 avril aussi à Leucate, Aude (est-ce le même individu ?) ; 1er juillet 1990 à Bournazel, Aveyron (communication de Ph-J. Dubois).
Ces données concernent des sujets isolés, décrits comme « adultes ». En fait, l’âge n’est guère identifiable à distance et, après la mue postjuvénile complète au cours du premier hiver, tous les Elanions blancs ont un aspect identique. On ne sait rien de leur maturité sexuelle…. (P.G.)


Discussion et conclusion

Cette série de faits étalée sur dix-sept ans, avec une accélération marquée depuis 1983, suggère une expansion de provenance ibérique qui prolonge logiquement le mouvement expansif connu en Espagne 7. La localisation de la plupart des cas dans les zones méridionales de France et singulièrement en Aquitaine accentue cette évidence.
Le climat de la région la plus favorisée par l’Elanion blanc paraît bien convenir à l’espèce. Des données météorologiques relevées dans la station la plus proche du site de nidification, nous avons extrait les caractéristiques suivantes :
La température moyenne annuelle est de 13,1°C pour les années 1966 à 1989 ; pour les quatre ans de 1986 à 1989 elle s’est élevée à 13,5°.
La moyenne de température de mai à août est de 18,6° pour 1986 à 1990 ; celle de janvier + février (hiver) est de 7,5° pour 1986 à 1990 (cette dernière année offrant même une moyenne de février exceptionnelle avec 12,4°).
Les précipitations totalisent 1388 mm en moyenne annuelle 1964-1989, relativement abondantes d’octobre à mai ; elles ont été de 990 mm en 1989, mais fort en-dessous de la moyenne en juillet et août 1990.
Dans l’ensemble, le climat local est donc assez chaud et pluvieux, tendant comme partout à devenir plus chaud et plus sec en été ces dernières années. L’hiver doux, quasi dépourvu de gel et de neige, semble également favorable à la sédentarisation de l’Elanion blanc en Aquitaine.
En guise de conclusion, relevons qu’un couple d’Elanion, étroitement cantonné sur environ 4 km2, passe aisément inaperçu dans une région médiocrement séduisante pour les ornithologues. Le hasard y a fait découvrir l’espèce en 1983. mais on peut à bon droit se demander si elle n’était pas déjà présente auparavant… il suffit aussi qu’un territoire soit abandonné au profit d’un autre site éloigné disparu. L’éventualité d’autres couples, nicheurs ou non, ne peut être exclue en Aquitaine, ni ailleurs : bonne chance aux explorateurs ! 


Remerciements

Suivre cette nidification n’aurait pas été possible sans l’aide précieuse de membres de l’association « Regardez vivre les oiseaux ». Je remercie particulièrement Marie-Claude Mahieux dont l’œil perçant a décelé les quatre poussins ui nid, Jo Duplaa pour sa collaboration et ses nombreuses observations, M et Mme Georges Holin qui n’ont pas craint les longues attentes…. Mais aussi tous ceux et toutes celles qui m’ont accompagné et surtout ma femme Christine : sa patience de longue haleine et son travail de frappe méritent bien que je lui dédie cette étude.
Ma reconnaissance s’adresse également à Jean-François Terrasse (F.I.R.) pour sa visite, ses analyses et ses conseils ; à Jacques Godard du centre U.N.C.S. qui a soigné le jeune Elanion tombé de l’aire ; à Pascal Misiek qui m’a confié ses notes ; à J.Y. Frémont et Y. Bertault du C.H.N. ; au gardes d l’O.N.C. qui ont informé les chasseurs et Last but not least au propriétaire des lieux, président de l’A.C.C.A. locale. 
Les données météorologiques locales ont été fournies par la Météorologie Nationale (Pyrénées-Atlantiques). L’analyse des pelotes est due à Stéphane Aubry sous la direction du Dr Claude Mermod (Institut de Zoologie, Neuchâtel), grâce à Paul Géroudet, dont les encouragements, les informations, la peine qu’il a prise à mettre au point le manuscrit et à le documenter ont contribué de façon décisive à cette publication ; il est d’ailleurs responsable des chapitres sur l’alimentation et sur les apparitions hors Aquitaine, Ma gratutude s’adresse encore à Pierre Petit et à Willy Suetens pour avoir gracieusement mis à disposition leurs superbes photographies. 


Bibliographie

  1. Boutet, J.Y. & Petit P. (1984) : Atlas des oiseaux nicheurs d’Aquitaine, C.R.O.A.P., Bordeaux.
  2. Dubois, P.J. & Yésou P. (1986) : Inventaire des espèces d’oiseaux occasionnelles en France.
  3. Gensbol B. (1984) : Guide des Rapaces diurnes d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Delachaux & Niestlé, Neuchatel-Paris.
  4. Géroudet P. (1965) : Les Rapaces diurnes et nocturnes d’Europe. Delachaux & Niestlé, Neuchâtel-Paris.
  5. Papacotsia A. & Petit P. (1984). Présence d’un couple d’Elanions blancs en Aquitaine. Le Courbageot, N°10 : 19-20.
  6. Pommies S. (1990) : L’Elanion blanc (Elanus caeruleus) dans les Pyrénées-Atlantiques. La Bergeronnette (à paraître).
  7. Suetens W. (1989) : Les rapaces diurnes d’Europe. Ed. du Perron, Liège.

Andréas Guyot, 7, rue Jules-Verne, F-64000 Pau.
Nos oiseaux, 40 : 8. 465-477 (1990)

dimanche 2 décembre 1990

Comportement étrange d'hirondelle de cheminée (Hirundo rustica)

Le 25 juin 1989, dans le village de Tarsacq, proche de la saligue, j'ai été intrigué par le comportement d'un mâle d'hirondelle de cheminée.
Sur le bord de la route il y avait une femelle d'hirondelle de cheminée morte avec un petit escargot dans le bec. Pendant 30 minutes le mâle est resté auprès d'elle et a essayé de tenter l'accouplement plusieurs fois. J'ai ensuite retourné l'hirondelle sur le dos et celui-ci a volé au-dessus sans se poser.

Je l'ai donc remis sur le ventre et à nouveau, il s'est posé près d'elle et a tenté d'autres accouplements. Un juvénile est venu se poser à coté sans que rien d'agressif ne se passe entre le mâle et lui. Un autre mâle est venu tenter un accouplement, une chamaille s'en est suivie entre eux, ce qui a fait fuir le juvénile. Puis, le mâle est revenu à côté.
  
Analyse

Pendant tout le temps, j'étais dans ma voiture, elle me servait d'affût. Lorsque j'ai retourné l'hirondelle sur le dos, j'ai repris la même position et j'ai attendu 15 minutes. Dans ma deuxième opération, lorsque je l'ai remis sur le ventre, aussitôt après il s'est à nouveau posé.

Donc il y a corrélation avec la position de celle-ci. Il y aurait manifestement une reconnaissance entre les couples sans que les cris interviennent pour cela.
De toute évidence, il m'a semblé qu'il s'agissait du couple par l'attitude du comportement du mâle envers le juvénile et du juvénile envers la femelle morte.
Je suis resté une heure pour observer ce comportement étrange. Il serait intéressant de savoir si d'autres observations analogues ont pu être faites. 

Andréas Guyot. La Bergeronnette quatrième trimestre 1990 N°4. Page 17-18