mercredi 16 avril 1997

Sur la situation des goélands cendrés (Larus canus) au lac d’Artix.

 


Sur la situation des goélands cendrés

(Larus canus) au lac d’Artix

 

Le 10 janvier 1985 au début de la vague de froid, j’observe les goélands cendrés sur le lac, après s’être nourrit sur la décharge ménagère d’Artix ils viennent se nettoyer sur le lac avant d’aller en dortoir pour la nuit.  

Voici le détail de mon comptage : 82 ind en 2ème année (vu posé), 12 ind en 3ème année (vu posé) et 12 ind adultes (vu posé), soit 106 oiseaux, ce n’est pas mon plus gros comptage sur cette espèce.

En effet le 17 janvier 1987 lors aussi d’un vague de froid, j’ai dénombré 325 ind posés, ils étaient tellement nombreux que je n’ai cherché à faire le ratio des âges.

J’ai cherché dans la bibliographie régionale (Harle & Bail 1978) et le goéland cendré n’est pas mentionné dans la liste des espèces présentes sur le lac d’Artix. Ni même dans l’Atlas des oiseaux nicheur d’Aquitane (Boutet & Petit 1987)

Dans l’atlas des oiseaux migrateurs et hivernants d’Aquitaine, il n’est fait aucune.mention de sa présence en Béarn (Theillout et all 2020).

L’oiseau n’a plus revu depuis la fermeture en 1989 de la décharge ménagère d’Artix.

Andréas Guyot 7, rue Jules-Verne F 64000 Pau. 

lundi 22 avril 1996

Observation d'une mouette de Sabine (Larus sabini) dans l'embouchure de l'Adour.

 Lors de la tempête du 5 novembre 1989, je me suis rendu sur la digue de Tarnos pour observer les oiseaux qui avaient été déportés vers le rivage.

Le plus fort de la tempête avait été le samedi après-midi et la première moitié de la nuit suivante, l'accalmie était prévue dans la matinée du dimanche.

Toutes les conditions étaient requises pour de bonnes observations. (1)

J'arrivais donc dès 8 h du matin, équipé de pied en cap de vêtements de pluie avec juste une paire de jumelles, car un télescope est inutilisable vu les bourrasques de vent et de pluie sur la digue.

A gauche de la digue, dans l'écume des déferlantes j'observais les pétrels tempêtes. Ceux-ci ne dépassaient jamais la plage. ils y faisaient demi-tour pour se rendre jusqu'au premier brisement des vagues, ainsi de suite et volaient toujours au dessus du bouillonnement. En pleine mer dans la forte houle, des centaines de fou de Bassan de tout âges se laissaient tomber comme des pierres pour pêcher. Semblant jouer et surfer avec les vagues les puffins faisaient des bonds au-dessus d'elles, malheureusement ils étaient très souvent trop loin. Je pus malgré tout, observer quelques puffins fuligineux et des baléares.

C'est en surveillant vers la droite que j'eus le plaisir de voir dans mes jumelles une immature de mouette de Sabine sortir de L'Adour.

* Dessus marron grisâtre de la tête au dos et sur les couvertures claires
* Triangle noir au bout des ailles
* Les rémiges secondaires blanches ainsi que les dernières primaires.
* Barre noire à l'extrémité des rectrices. 

A ce stade il n'y a pas de confusion possible car l'oiseau est typique. L'illustration du "Péterson" est excellente. Il est très rare d'observer cette mouette hautement pélagique le long des côtes, seules des tempêtes nous l'amène. 

Voici le détail de mes observations jusqu'à 12h :

2 mouettes tridactyles, 1 ad, 1 imm.
2 mouettes pygmées
2 mouettes mélanocéphales 
20 goélands marins
1 guifette noire, ad, en plumge d'été
5 bécasseaux violets
10 pétrels tempêtes
3 avocettes 
1 faucon émérillon
1 traquet motteux
8 oies cendrées
2 sternes caugeks, 1ad, 1 imm

Quelques labbes sp (trop lion)
2 vols de courlis sp
1 vol d'oie sp 

Tout cela sur la mer, c'est à dire à plus de 100m du rivage et jusqu'à perte de vue.

Pour faire de bonnes observations, suite à une tempête brève, il faut toujours venir à après le coup de vent, dès l'accalmie annoncé car les oiseaux repartent tout de suite en mer. Lorsque la tempête tape pendant plusieurs jours de suite, les oiseaux mettent plus de temps pour reprendre le large. Là, il faut surtout visiter les endroits où ils se mettent à l'abri :

- Baie de Chingoudy
- L'estuaire de l'Adour et les étangs du Boucau
- Marais d'Orx et lac d'Hossegor
- Lac d'Albret, étang blanc, pour la région

Certaines périodes sont toujours meilleures; c'est surtout pendant les migrations d'automne que l'on a le plus de chance d'observer les oiseaux pélagiques (de haute mer). les tempêtes d'hiver et de printemps ne sont pas toujours porteuses de nombreux oiseaux. Elles permettent malgré tout d'observer quelques espèces ici et là 

Certains lieux pour l'observation sont remarquables :

- La digue de Tarnos bien que très exposée (le meilleur de tous et en tout temps) 
- Le cap du Figuier (Espagne) pour se mettre à l'abri dans la vieille maison lors des tempêtes (iniquement) 
- Le rocher de la vierge (mais trop de monde autour, des curieux du Style "Je peux voir" 
- Le fort de Socoa "lieu à découvrir" peut-être un peu trop en hauteur mais j'y ai fait de bonnes observations malgré tout.

Voilà, vous êtes maintenant prêts pour les tempêtes.

Andréas Guyot.

mardi 13 juin 1995

Fuligule nyroca (Aythya nyroca) des hivernages en longueur au lac d'Artix


 Le fuligule nyroca fait des hivernages complet au lac d'Artix.
Le premier qui j'ai observé est resté du 2 décembre 1985 au 15 mars 1986.
Le 2e hivernage a duré du 2 octobre 1986 au 28 avril 1987. 

Andréas Guyot.

dimanche 25 décembre 1994

Elanion blanc; Nouvel atlas des oiseaux nicheurs de France. 1985-1989.

 Elanion blanc ou Elanion blac, Eleanus caeruleus. 
Par Andréas Guyot.

Mondialement, cet oiseau a une très vaste répartition africaine et asiatique, en quatre sous-espèce, du sud de l'Arabie et depuis le Bélouchistan, jusqu'au sud de la Chine, les philippines, l'île de la Sonde, Célèbes et la Nouvelle-Guinée, (Hüe et Etchecopar, 1970). Dans le Paléarctique occidental, l'Elanion blanc a deux distributions: l'une en Afrique du Nord, se prolongeant au centre-ouest de la péninsule Ibérique, l'autre, dans la vallée du Nil (Etchecopar, et Hüe, 1964).

Quoique de tendance sédentaire en règle générale, l'Elanion se livre à des excursions le plus souvent individuelles et bien au delà des limites de sa répartition comme en témoignent les observations en Europe occidentale et moyenne relevées par Géroudet (In Berthoud et al. 1990): 9 de la Belgique à la Pologne de 1928 à 1987, 3 en 1990 en Suisse et en France limitrophe, ainsi que quelques unes en Italie, Grèce, Turquie, Chypre ou Liban.

La première donnée de nidification de l'Elanion au Portugal date seulement de 1864 (Collar, 1978). Une expansion de l'aire de nidification de l'espèce déborde maintenant sur le nord des Pyrénées, en Aquitaine, où une reproduction a réussi en 1990. Faut-il voir dans cette progression une conséquence du réchauffement climatique, de cet "effet de serre" dont on parle beaucoup ? C'est une hypothèse à considérer, certes, et cette progression vers le nord pourrait être associé au même phénomène d'expansion dans cette direction de l'aire de nidification (ou d'hivernage) observé pour d'autres espèces (Héron garde-bœufs, Mouette mélanocéphale, guêpier, cisticole, etc). Une autre hypothèse serait que l'Elanion aurait peut-être pu passer inaperçu des ornithologues (l'oiseau aurait porté un nom local, selon des récits oraux datant du début de ce siècle).  

Quoi qu'il en soit, l'oiseau est très discret, malgré sa couleur claire, presque argentée, vu de dessous; son installation en France aurait donc très bien pu ne pas être observée plus tôt. Il est indéniable, par exemple que sa présence en Espagne était sous-estimée. Nous y connaissons en effet, que 5 couples en 1975 (Suetens et Groenendael, 1977), alors qu'une estimation de 130 couples fut faite en 1989, Or, il est vraiment peu probable qu'il y ait eu une si rapide expansion de l'espèce en moins de 15 ans, même si quelques individus ont été observés traversant, vers le nord, le détroit de Gibraltar (Bergier, 1987). 

L'Elanion blanc est entré, avec certitude, au début du XIXe siècle dans l'avifaune de France, au titre de visiteur accidentel. En 1830, il fut capturé en mai près de Nîmes, le même mois près de Cassel, et fut tiré le 1er septembre 1841 près de Dieppe. Dans ses commentaires sur l'ornithologie française, Mayaud (1939) estimait douteuses des captures rapportées à la fin du XIXe siècle en Côte-d'Or ainsi que l'origine d'un spécimen provenir des Vosges. Toujours est-il que nous avons aucune information concernant un oiseau resté vivant au XIXe siècle !

Malgré quelques rares observations à partir de 1973, (Crau, Dombes, Lot-et-Garonne), c'est réellement en 1983 que débute l'histoire de la nidification de l'Elanoin blanc en France. Depuis quelques années, le sud-est de l'Aquitaine, proche des Pyrénées les plus occidentales, promettait l'installation de ce petit rapace. le 21 juin 1983, A Papacostia, lors d'une étude d'impact d'un chantier, découvrit un couple d'Elanions dont les accouplements et la construction d'un nid laissèrent espérer la reproduction. Ces oiseaux furent encore observés, non loin de là, en octobre (Papacotsia et Petit, 1984), sans que l'on sache depuis combien de temps ils y étaient présents. En 1985 et 1986, au moins un individu séjourna encore au même endroit, avec un comportement territorial, jusqu'en mars ou au début d'avril (archives du CROAP). Par la suite, aucun oiseau n'y fut plus observé, Jusqu'en décembre 1988 où apparut un individu : ultérieurement, un couple occupant un territoire y fut observé en août 1989, puis un oiseau (peut-être 2) le 4 décembre de la même année (archives du CROAP). C'est enfin à partir du 22 février 1990, qu'un découvert en ce même lieu par Pommies (1990), a été régulièrement suivi, jusqu'aux premiers vols des ses 4 jeunes au début de septembre (Guyot, 1990). Au cours des deux années suivantes , sur ce même site et un autre distant de quelques dizaines de kilomètres (où un couple harcelant corneilles et crécerelles avait déjà été noté en mai 1987), des nidifications ont été signalées, avec reproduction probable en 1991 (2 adultes et 3 jeunes observés le 1er octobre) et suivie d'échec en 1992, vraisemblablement à cause des mauvaises conditions météorologiques. 

En définitive, en consultant toutes les observations de l'espèce faites en Aquitaine de 1983 à 1992 (archives du CROAP), ce sont trois sites, répartis sur deux secteurs I.G.N., qui ont vu des cantonnements de l'Elanion blanc, avec des reproductions tentées ou menées à terme avec plus ou moins de succès. 

L'oiseau a des mœurs plutôt crépusculaires, avec la particularité de se poser toujours à découvert pour la chasse au guet, à la cime soit d'un pin, soit d'un poteau électrique, voire sur un fil, et cela quelque soit la saison. Si en période normale, il se perche dès 3 heures avant le coucher du soleil, pendant la nidification. Il devient actif dès 5 heures avant le coucher du soleil, mais dès le lever du jour. Aux heures les plus chaudes de la journée, l'oiseau est à l'ombre et immobile dans un arbre.

L'habitat de l'Elanion blanc est sélectif, ne comprenant que des milieux ouverts, avec des arbres clairsemés, telle la savane arborée africaine. En aquitaine, l'oiseau s'est installé dans une zone de culture, principalement de maïs, de petite et moyenne superficies, séparées par des lambeaux de landes et des bosquets de pins et de feuillus, présentant quelques haies ou arbres isolés (Boutet et Petit, 1987). Il a niché que dans des pins maritimes, malgré la présence de quelques chênes pédonculés à proximité. L'aire du couple, dont la reproduction réussit en 1990, était construite sur la cime fourchue d'un pin, à environ 8 m du sol (Duplaa, 1990).

La ponte a lieu généralement, dans les régions de la Méditerranée occidentale, entre la fin de mars et le début d'avril (Cramp, 1979), période correspondant aux couveuses observées le 20 avril et le 8 mai 1992 sur les sites aquitains : toutefois, la nidification réussie de 1990 n'a débuté qu'au début juin. La ponte est de 3 ou 4 oeufs ; l'éclosion, asynchrone, intervient après une incubation de 25 à 27 jours assuré par le couple. Les jeunes sont nourris au nid puis dans les alentours pendant 50 jours environ, car s'ils volent vers l'âge de 30 à 35 jours, il restent encore quelque temps dépendants de leurs parents.

En Aquitaine, le régime alimentaire des Elanions se compose à 86% de micromammifères et seulement de 14% d'oiseaux (Mermod et Aubry, 1990. De gros insectes font partie de leur régime dans d'autres milieux.

L'Elanion ne semble pas quitter ses lieux de nidification Aquitains, même au plus fort de l'hiver. Que penser des oiseaux isolés et observés en migration, à travers les Pyrénées, le 9 août 1988, au col de Lindux (Dubois et C.H.N., 1989), le 24 octobre 1989 à Eyne (Dubois et C.H.N., 1991), le 6 octobre 1990 au col du Soulor (Grangé, 1991)? Serait-ce des jeunes qui effectuent des mouvements migratoires ? Il serait intéressant de suivre la période postnuptiale sur les sites de reproduction d'Aquitaine, car des individus notés comme jeunes y ont été observés à la fin d'octobre, et même en décembre (archives du CROAP), à une époque, pourtant, ou le dimorphisme entre jeunes et adultes est difficilement perceptible.

L'uniformisation des milieux agricoles n'est pas un facteur d'espérance pour l'espèce, les îlots clairsemés d'arbres dans les cultures sont en effet souvent abattus pour permettre des meilleurs rendements. Par ailleurs, la baisse de l'élevage fait place à une maïsiculture qui laisse de moins en moins de prairies, qui sont essentiellement les terrains de chasse de l'espèce. 

Page: 158-159. Andréas Guyot. 

Références
Bergier. P. (1987).- Les rapaces diurnes du Maroc. statut. Répartition. Ecologie. Annales du C.E.E.P. (ex-C.R.O.P.), n°3, Aix-en-Provence, 160 p.

Berthoud, J-R., Stern, C., Calame, F. et Géroudet, P. (1990).- Premières apparitions de l'Elanion blanc en Suisse et en zone limitrophe. Nos oiseaux, 40: 479-483.

Collar, N-J. (1978).- Nesting of Black-Shouldered Kites in Portugal. Brit. Birds, 71: 398-412.

Dubois, P-J. et Comité d'homologation National (1989),- Les observations d'espèces soumises à homologation en France en 1988. Alauda, 57: 263-294.
en 1989, Alauda, 59: 225-247.

Duplaa, J. (1990),- l'Elanion blanc et son milieu en Aquitaine. La Bergeronnette, 4: 12-15. 

Grangé, J.-L. (1991),- Observation d'un Elanion blanc Elanus caerulus au col du Soulor (Hautes-Pyrénées). La Bergeronnette, 5: 15.

Guyot, A. (1990),- Première nidification réussi en france de l'Elanion blanc (Elanus caeruleus). Nos Oiseaux. 40: 465-477.

Mayaud, N. (1939).- Commentaire sur l'ornithologie française (suite). Alauda, 11: 68-87.

Mermod, C. et Aubry, S. (1990).- Etude du régime alimentaire des Elanions blancs en Aquitaine. La Bergeronnette, 4: 9-11.

Papacotsia, A. et Petit, P. (1984).- Présence d'un couple d'Elanion blanc en Aquitaine. Le Courbageot, 10: 19-20.

Pommies, S. (1990).- L'Elanion blanc dans les Pyrénées-Atlantiques. La Bergeronnette, 4: 2-4.

Suetens, W. et Groenendael, P. (1977).- Nidification de l'Elanoin blanc en Espagne. Gerfaut, 67: 54-72.
-------------------

Dosithée Yeatman-Berthelot et Guy Jarry. Société Ornithologique de France.
55 rue de Buffon - Paris 75005. (1994).

lundi 13 juin 1994

Note complémentaire sur l'hivernage du Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) au Gave de Pau, Pyrénées-Atlantiques.

Depuis les premières observations hivernales de 1985-86 et l'hivernage complet, d'un individu en 1989-90 (cf ma note précédente dans Nos Oiseaux 40:373-74, 1990), le Balbuzard est revenu régulièrement sur la saligue du Gave de Pau. En 1990-91, il fut présent dès le 19 août; en 1991 je le découvris déjà le 17 août, l'année suivante le 19 août. En 1993 enfin, il a pu arriver avant le 22 août, date de mon premier contrôle sur le site.
Chaque fois, la présence a duré tout l'hiver, au moins pour deux oiseaux, soit une femelle dans le lien déjà décris et un mâle 3 km en aval. Nous en avons même repéré 3 le 28 décembre, et de nouveau 3 le 28 décembre 1992 !
Le suivi n'a été effectif qu'à partir du moment (29 octobre 1989) où nous avons localisé avec précision les reposoirs fréquentés de préférence. Ce sont toujours des arbres morts étêtés se dressant à proximité du plan d'eau, l'oiseau s'y perche au sommet d'une branche verticale. La femelle fait preuve d'une remarquable fidélité à son poste habituel, tandis que le mâle s'est avéré beaucoup moins prévisible. Toujours est-il que la ponctualité relativement précoce de la première observation peu après mi-août et l'accroissement à deux, voir trois oiseaux, mérite d'être relevé pur cet hivernage devenu traditionnel depuis au moins 9 ans. 
Il nous parait donc vraisemblable qu'il s'agit des mêmes oiseaux. leur origine reste complètement inconnue; toutefois, du moment que le Balbuzard niche de nouveau depuis 1985 en France continentale, où 3 ou 4 couples au moins se sont cantonnés ces dernières années (dont 2 ont élevés des jeunes en 1992 et 1993, d'après le rapport du F.I.R, n° 24, - on peut se demander si quelques hivernants du Sud-Ouest n'appartiennent pas à la petite population française...

A tout hasard, nous avons fait installer une plateforme sur un pylône de la ligne électrique, sur un modèle illustré dans la revue du F.I.R (n°18, p, 13), dans l'espoir d'une éventuelle nidification. Si ce dispositif a été un succès en Allemagne orientale, notre initiative n'a pas encore eu de résultat; mais il est permis de rêver.... D'autre part, nous sommes préoccupés par l'avenir des reposoirs, car plusieurs arbres morts sont déjà tombés au site d'hivernage de la femelle, Peut-être poteaux pourraient-ils les remplacer et mieux garantir la pérennité, la tranquillité et la sécurité de nos Balbuzards pêcheurs. 
Andréas Guyot
7 rue Jules-Verne
F-64000 Pau
Ref: Nos oiseaux, 42:358 (1994). 

mercredi 1 décembre 1993

Hivernage régulier du tichodrome echelette (Tichodroma muraria) autour du château de Pau

Nous connaissons quelques vagues témoignages sur la présence d'un oiseau dans ce lieu (carte 45 XV).
Marie-Claude Mahieux, depuis sa classe située à proximité du château, découvrit un tichodrome voletant sur le mur d'une maison.
Nous avons donc suivi cet oiseau et entrepris une enquête auprès du conservateur et des gardiens du château Henri IV. 
Le tichodrome est connu des certains gardiens, mais aussi du conservateur, Monsieur Coze, qui habite le château. Selon ce dernier, il fréquente les paroies de ses fenêtres, les gardiens le voit surtout sur la tour en brique "Gaston Phébus", sur toute la façade du château et de ses dépendances. 

Nous l'avons aussi observé sur une autre tour, celle du Parlement située en face, d'ailleurs le concierge du Parlement de Navarre a eu plusieurs fois l'occasion de la voir sans connaître son nom, mais il trouvait jolies ses ailes rouges.
En fait l'oiseau fréquente de nombreuses paroies et de nombreux murs des maisons du quartier et cela quasiment chaque année, mais surtout pendant les périodes de forte neige en montagne. Jamais deux oiseaux n'auraient été vus ensemble à notre connaissance.

Ce qui est courant, c'est l'hivernage d'une vingtaine d'hirondelle de rocher (Hirundo rupestris), chaque année (Guyot 1992). Elle se posent sur le rebord des fenêtres des deux édifices cités. 
L'hivernage a débuté vers le 15 novembre pour ce terminer aux alentours du 3 mai 1993. ce qui semble être une date tardive.

Nous tenons à remercier les gardiens pour avoir eu la gentillesse d'observer et de nous communiquer leurs observations.
Nous remercions Monsieur Coze pour nous avoir facilité ce travail.
Merci à toi, Marie-Claude Mahieux, qui voit tout sans jumelles. 

Bibliographie: 
- Yeatman - Berthelot (1991) : Atlas des oiseaux de france en hiver - S.O.F. Paris.
- Boutet J.Yves - Petit Pierre (1987) : Atlas des oiseaux nicheurs d'Aquitaine. C.R.O.A.P. Bordeaux. 
- Guyot Andréas (1992) : Hivernage régulier de l'hirondelle de rocher à Pau - La Bergeronnette 10:3  M.J.C. du Laü Pau.

Andréas Guyot.
La Bergeronnette 16: 5-6 (1993) 4e trimestre. 

samedi 30 octobre 1993

Observation d'une bécassine sourde (Lymnocrytes minimus) dans une lande humide.

Lors d'une prospection d'un lac collinaire (carte 44 XV) pour y découvrir la végétation spécifique des zones humides : Sphaigne, droséra, potamot etc... nous avons parcouru la lande humide et avons fait s'envoler une bécassine sourde par deux fois.
J'ai déjà eu l'occasion d'avoir en main une bécassine sourde tuée par un chasseur dans un proche secteur de cette carte, avec les dimensions suivantes.

Poids 60 grammes - Adiposité 0.
Aile pliée 115 m/m - Bec 42,5 m/m - Tarse 28 m/m.
Tarce + doigt 58 m/m - Queue 57 m/m. 
Formule alaire: 10 primaires, 10 secondaires, 4 tertiares, 12 rectrices.

Aspect: très brillant avec des reflets violets, vert et or.
Aile plus mate que le dos.
Les primaires sont arrondies
Les secondaires sont en ponte.
Les petites, moyenne et grandes couvertures se terminent par un liseré blanc, ainsi que sur les rectrices.

C'est donc la deuxième information sur ce secteur, nous n'avons pas fait d'enquête auprès des chasseurs afin de savoir si cette présence était courante.
Dans l'Atlas des oiseaux de France en hiver, il n'y a aucune mention pour le Béarn.
La première bécassine sourde a été tuée mi-février 1991, (carte 44 XVI) 
La seconde a été observée vivante le 7 mars 1993 par deux fois, (carte 44 XV)

Je "remercie" le chasseur Maurice Estève et mes trois amis et membres de R.V.O. Duplaa Jo, Hourcq J.Jacques, Toutain Benjamin.

Bibliographie:
- Yeatman - Berthelot (1991) Atlas des oiseaux de France en Hiver - S.O.F. Paris
- Boutet J.Yves - Petit Pierre (1987) Atlas des oiseaux nicheurs d'Aquitaine - C.R.O.A.P. Bordeaux
- Géroudet Paul (1983) Limicoles, gangas et pigeons d'Europe - Delachaux et Niestlé - Neuchâtel, Paris - Tome 2.

Andréas Guyot

La Bergeronnette 16:3-4. (1993) 4e trimestre.

mercredi 20 octobre 1993

Nidification du Cincle plongeur (Cinclus cinclus) à la minoterie Marsan de Pau.

Nous connaissons déjà l'hivernage de l'oiseau au niveau du pont d'Espagne, sur cette partie du gave de Pau, (carte 45 XV), Guyot 1992. 
Cet hiver lors d'un comptage des grands cormorans, j'ai eu l'occasion de parler avec un ouvrier de la minoterie. Dans notre discussion sur les oiseaux, nous avons parlé du cincle. Si son nom lui était inconnu, à ma description, il m'a indiqué son site de nidification et son nid en mousse, situé sous la voûte et à la sortie des eaux de la minoterie. 
Selon lui, l'oiseau a toujours niché à cet endroit, lui le connait depuis une trentaine d'année. 
j'ai donc suivi le site et effectivement, même si je ne peux pas voir le nid, j'ai vu les vas et vient des oiseaux et cela ne laisse aucun doute sur la nidification d'un couple de cincle plongeur. Cela étend donc l'aire de nidification sur une nouvelle carte des oiseaux nicheur d'Aquitaine. 

Bibliographie: 

- Yeatman - Berthelot., (1991) Atlas des oiseaux nicheurs de France en hiver - S.O.F. Paris.
- Boutet J.Yves - Petit Pierre., (1987) Altals des oiseaux nicheurs d'Aquitaine - C.R.O.A.P, Bordeaux.
- Guyot Andréas., (1992) Distribution de l'hivernage du cincle plongeur sur le gave de Pau - La bergeronnette 11:4. M.J.C. du Laü Pau. 
- Bonnet J. Claude., (1987) Essai de définition du statut actuel du cincle plongeur en Dordogne. Le Courbageot 12:27-32 C.R.O.A.P. Bordeaux.

Andréas Guyot.

La Bergeronnette: 16:1-2. (1993) 4e trimestre.

mercredi 22 septembre 1993

Historique de la nidification Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax) sur le lac d'Artix et son hivernage récent.

Présentation

Dans un précédent article sur une nouvelle méthode de dénombrement des bihoreaux gris, nous avons rendu compte du nombre de couples pour les années 1989 - 1993.
La colonie d'ardeidés du lac d'Artix a débuté avec cette espèce (Nycticorax), puis et devenue mixte avec l'aigrette garzette (Egretta garzetta), (Guyot 1993).
C'est bien plus tard que les autres espèces de hérons sont venus enrichir le site (Guyot 1991 - 1992).

Historique:

La découverte de la colonie remonte à 1967 (carte 44 XV). Elle existait déjà en 1966, mais pas de données antérieures sinon des observations épisodiques, 25 couples. (J.C. Alberny). 
Dans une lettre de cette même personne en date du 11 septembre 1969 "La colonie de hérons bihoreaux a été levée et donne un spectacle magnifique, évaluation, une quarantaine".
Une quarantaine d'oiseaux pourraient donc correspondre à 25 couples car à cette époque, la migration a déjà débuté. Il faudra attendre 1978 pour avoir d'autres observations par Gérard Blake.
- 25 mars, 5 individus
- 13 avril, 34 individus
- 22 août, 56 adultes et 47 jeunes
- 4 septembre, 3 individus
- 9 septembre, 1 individu

En analysant les résultats bruts des chiffres

- 56 adultes donneraient 28 couples
- 47 jeunes divisé par 28 couples feraient une reproduction de 1,6 jeune à l'envol, C'est moins de la nationale, mais cela est tout à fait possible.
Les seuls chiffres pour 1979 sont le 17 avril avec 30 individus. 
Le 29 mars 1981, Gérard Blake observe 58 individus ensemble.

Jacques Carlon, dans une lettre du 7 octobre 1982, signale 82 adultes plus 4 immatures dont deux ont participé à la nidification, ont donné 130 jeunes, ce qui donnerait une moyenne de 3,1 jeune par couple. 
130 : 3,1 = 41,93 couples. En 1982, il y aurait eu au maximum 41 couples nicheurs.
Le même auteur annonce les 10 septembre 1983 et 7 août 1884, une stabilité ou très légère augmentation. 
Ceci explique peut-être que dans plusieurs dénombrements anciens il n'y a jamais le même nombre de couples. 
Il est évident que sans comptage à la passé, il était très difficile de dénombrer les couples reproducteurs, il y'aurait eu manifestement une sous évaluation de la colonie si l'on en juge par le résultat des comptages actuels.

Hivernage:

J'ai observé:
2 immatures le 28 decembre 1985
3 immatures le 31 octobre 1986
2 immatures le 2 février 1987
3 immatures le 28 février 1987

Antoine Pisu a observé le premier adulte le 9 février 1987 au matin.
Il ne semble pas qu'avant ces dates, l'hivernage était connu sur le site. Malgré quelques autres observations épisodiques, c'est réellement cet hiver 1992/93 que nous avons observé un très grands nombres de bihoreaux ensemble et pendant tout l'hiver avec un maximum de 30 individus (20 immatures et 10 adultes). 

Remerciements:

Pour la partie historique, c'est grâce aux notes de terrain de J.C. Alberny et de Gérard Blake, mais aussi les correspondance de Mr Carlon avec P. Grisser que j'ai pu faire le point. 
Tous ces documents sont issus du groupe ardeidés de l'Ex-C.R.O.A.P.
Je voudrais remercier aussi Antoine Pisu pour son observation sur l'hivernage (cher Antoine quand reviendras-tu sur le terrain ?) 
Cet article fait suite à l'ensemble des articles sur les ardeidés nicheurs et hivernants sur le lac d'Artix dont voici la bibliographie.

Bibliographie pour le lac d'Artix

Harle P., Bail J.C. (1979) : étude phénologique et variations numériques de l'avifaune du lac d'Artix: Le Courbageot 6:1-9.

Guyot Andréas. (1989) : les oiseaux du lac d'Artix, 5 années d'observation, M.J.C. du Laü Pau, 99 pages. 

Guyot Andréas. (1991) : Synthèse des observation de la grande aigrette sur le lac d'Artix, La Bergeronnette 5:4-6. 

Guyot Andréas. (1991) : Première nidification réussi du crabier chevelu sur le lac d'Artix. La Bergeronnette 8:6-8. 

Guyot Andréas. (1992) : Deux cas de nidification arboricole du héron pourpré dans la héronnière du lac d'Artix. La Bergeronnette 11:18-19. 

Guyot Andréas. (1992) : La nidification du héron cendré sur le lac d'Artix. La Bergeronnette 12:18-19. 

Guyot Andréas. (1993) : Nidification et hivernage de l'aigrette garzette sur le lac d'Artix La Bergeronnette 13:2-6.

Bibliographie historique: Aquitaine et nationale par ordre chronologique.

Philippe (1873) : Ornithologie pyrénéenne, oiseaux sédentaires. Oiseaux de passage dans les Pyrénées Françaises. Cazenave, Bagnères 138 pages.

Feigné Claude (1979) : Bilan des dénombrements d'ardeides en Aquitaine et dans les Pyrénées occidentales. Le courbageot 6:24-25.

Grisser P., Sargos F. (1982) Statuts des ardeidés en Aquitaine - Bilan 1977/1980. Le courbageot 9:1-28. 

Boutet J.Y., Petit P. (1987) : Atlas des oiseaux nicheurs d'Aquitaine 1974/1984. C.R.O.A.P. Bordeaux 249 pages.

Marion L. (1991) inventaire national des héronnières de France 1989. Ministère de l'environnement, 75 pages.

Yeatman - Berthelot (1991) : Atlas des oiseaux de France en hiver, S.O.F. Paris 575 pages. 


Andréas Guyot. 
La Bergeronnette 15:2-6 (1993) 3e trimestre.

mercredi 14 juillet 1993

Première nidification du cygne tuberculé (Cygnus olor) sur le lac d'Artix.

Avant le déroulement de l'histoire sur leur nidification, voici un bref historique.

Monsieur Cassou, de la gravière de Denguin, a un jour acheté des jeunes cygnes, ceux-ci sont venus se reproduire sur le lac et après l'envol des jeunes, ils sont repartis, famille réunie, chez leur "propriétaire", l'histoire est belle, synonyme de liberté et de fidélité.

C'est le 24 novembre 1990 que le premier cygne est vu sur le lac d'Artix.
Le 25 février 1991, 2 individus sont observés. Du 12 mai 1991 au 21 septembre, 3 cygnes adultes seront observés.
Le 4 octobre, un couple de cygne s'est formé, le mâle dominant chassant le dominé de son territoire, dès le 5, le couple vole ensemble.

Après la construction du nid, le 21 mars 92, un des oiseaux couve.
Le 8 mai 1992, un poussin est visible. Il me faut attendre le 17 mai pour savoir le nombre de jeune. Ils sont neuf ! La couvaisons est importante et laisse croire à un nombre important de jeunes à l'envol.

Le 12 juin, j'observe une séparation du couple, la femelle avec 5 jeunes, le mâle avec 4 jeunes. Le 16 juin, il manque 2 jeunes avec le couple, le 20 ils ne sont plus que 6, le 10 août, il en manque encore 1, le 7 octobre, j'observe 3 juvéniles avec le mâle. 

Depuis,ils sont sur le lac de Denguin et il n'y a que 3 immatures avec le couple, ce qui ferait avant l'hiver, déjà 60% de perte et les cygnes ne sont adulte qu'à 4 ans. 

Les trois premiers jeunes, contrairement à ce qui a été dit, n'ont pas été victimes de la crue, de quoi sont-ils morts ? 

Le quatrième mort est dû à l'isolement entre le 17 juillet et le 10 août. Pourquoi se trouvait-il seul à l'écart de sa famille ? Pour les deux autres jeunes, je n'ai aucune explication de leur disparition. 

Il serait souhaitable que se couple se reproduise chaque année pour assurer une population  qui puisse vivre, vu le pourcentage de pertes rien qu'avant l'hiver et la croissance est lente !

Andréas Guyot.
La Bergeronnette, 14: 18-19. (1993) 2e trimestre. 

dimanche 13 juin 1993

Observation hivernale de sizerins flammés (Carduelis flammea) dans une friche industrielle.

Le centre technique municipal de la ville de Pau où je travaille, sert d'entrepôt de stockage pour divers matériaux de voirie urbaine. (Carte 45 XVI). 
Celui-ci est bordé d'une saulaie humide en contre-bas, c'est un excellent lieu d'observation pour l'avifaune, pouillot véloce, fitis, linotte, chardonneret, et de nombreux passereaux dont un gobe mouche nain*

Dans les anfractuosités du bâtiments principal, niche une petite colonie de moineaux friquets. Entre les divers matériaux sur le sol roulé et sablé, poussent divers chardons et graminées, la pente descendante vers la saulaie est principalement tapissée d'oseille et d'ortie. 

C'est en haut de ce talus que du 22.12.88 au 26.1.89, j'ai observé 10 sizerins flammés se nourrissant d'une plante ressemblant à un chardon. Outre le plaisir de faire une coche sur mon cochoir, je découvrais pour la première fois l'espèce dans le Béarn. En effet, à ce jour, aucune observation connue ne signale l'oiseau dans la région et le département 64. 

J'ai transmis la donnée au rédacteur de la société ornithologique de France pour l'atlas des oiseaux de France en hiver. 

*Dans le même endroit, j'ai observé dans les saules et les chênes, un gobe-mouche nain (ficedula parva), le 11.10.89. Le C.H.N. a homologué l'observation.

Andréas Guyot.
La Bergeronnette 14:17 (1993) 2e trimestre.

mercredi 19 mai 1993

Le nourrissage des vautours : était-ce vraiment indispensable ?

                                             Son historique, son avenir.


Dans les Pyrénées-Atlantiques depuis 1973, la pratique du nourrissage artificiel du vautour s’est considérablement développée. Vu les résultats 20 ans après, était-ce vraiment indispensable ?

Pour évoluer son utilité, il est important de dresser l’historique de l’oiseau dans son milieu depuis son origine.
Plusieurs questions se posent donc :

A : Depuis quand les vautours vivent-ils dans les Pyrénées ?
B : Depuis combien d’années l’homme est-il présent dans les Pyrénées ?
C : Depuis quelle époque la dépendance alimentaire a-t-elle eu lieu ?

Réponse :
A : Il est fait état dans la bibliographie précitée que les ossements d’un vautour (lequel ?) ont été retrouvés dans une couche datant de l’éocène soit de 54 à 38 millions d’années avant notre ère, ceci dans le bassin parisien et en Amérique du Nord  (Fitter-Roux 1971-page 307).
En tout état de cause, toute la bibliographie est formelle à partir du miocène jusqu’au pliocène de 26 à 2 millions d’années avant notre ère, la majorité des familles d’oiseaux actuelle sont présente et « l’ont admettre que la plupart des espèces actuelles se sont différenciées au pléistocène (Jean Dorst 1971 : pages 596-597) »
Donc incontestablement, l’espèce est déjà présente dans les Pyrénées dès cette époque.

B : l’apparition de la civilisation humaine dans les Pyrénées débute avec l’homo erectus, nous sommes dans l’acheuléen soit environ 200 000 ans avant J.C. Déjà il est clair que l’homme n’est qu’un chasseur.

C : Pour ce qui est la dépendance alimentaire, elle vient de l’époque où l’homme a commencé à élever des animaux destinés à son usage. Elle conduira plus tard au pastoralisme. Cette pratique a incontestablement permis qu’une certaine dépendance alimentaire se crée de la part des nécrophage et ensuite des éleveurs. Parce qu’un nécrophage va toujours au plus facile et parce que l’élevage crée automatiquement des pertes qui furent « nettoyées » donc très utiles pour l’éleveur.

Pour ce qui est du pastoralisme, il aurait débuté avec le néolithique à partir de 4830 ans avant J.C. (Laplace 1984).
D’ores et déjà, nous pouvons dire que les vautours ont vécu plusieurs millions d’années rien qu’avec l’apport de nourriture due à la faune sauvage. C’est un élément important, même si nous ne savons pas avec exactitude la densité de la faune, nous en connaissons les familles.
L’autre élément important est l’élevage et l’entretien d’animaux pour un usage domestique.
L’homme n’est plus le chasseur qui suit les migrations animales, il se sédentarise et devient éleveur ; et contrairement à ce qui est dit, l’époque et calme, il n’est pas le chasseur que l’on veut faire croire. Il protège ses troupeaux, plus qu’il ne détruit ses prédateurs, car il n’a pas encore les moyens, tout changera avec les armes à feu (même pour les vautours).

Discussion

Puis arrive 1973 ! Un homme, Monsieur Ardouin, garde chef de la fédération départementale des chasseurs des Pyrénées Atlantiques, qui, pour des raisons affectives et passionnelles, commence en hiver le nourrissage des vautours.
Pour lui : « pendant la période de disette, il faut fixer les vautours en zone de montagne afin de les éloigner au maximum de tout danger d’une part, et leur permettre d’évoluer dans un milieu plus favorable, par un apport artificiel de cadavres les mois d’hiver, sur les lieux où, durant tout l’été, les oiseaux s’approvisionnent naturellement ». (2 page 23)

Néanmoins, ce n’est que de l’affectif même avec beaucoup de dévouement et de courage. Dans les premiers temps, la viande était transportée dans le coffre de sa voiture et avec ses deniers. Bien qu’aucune étude préalable n’ait été faite pour savoir si il n’y avait que des avantages pour l’espèce. D’ailleurs beaucoup ont emboîté le pas, jusqu’au Moyen-Orient ! (Dendaletche 1988, page 98)

Aujourd’hui nous devons nous poser de sérieuses questions :
-Pourquoi la population de gypaètes barbus reste toujours à 6 couples dans les Pyrénées Atlantiques (aucune reproduction en 1992) ?
-Pourquoi celle des percnoptères n’évolue guère : plus de 35 à 40 couples malgré quelques cas de rassemblement sur des lieux propices à nourriture facile ? Dans leur brochure les chasseurs se posent pourtant cette question (2 page 36).

Seuls les vautours fauves semblent en bénéficier, des 35 couples en 1964 (Terasse d’après Yeatman 1971). Aujourd’hui la population se situe autour de 300 couples dans les Pyrénées Atlantiques. Est-ce dû uniquement au nourrissage artificiel ? En partie mais aussi à la relative paix des chasseurs, et grâce à l’information et à la protection faite sur l’espèce.

En 1873 il n’y avait pourtant aucun nourrissage artificiel et l’oiseau était commun dans les Hautes Pyrénées, donc les vautours avaient maintenu leur population depuis des millions d’années.
 
A cette époque Monsieur Philippe écrit : « il niche dans les rochers les plus inaccessibles qui avoisinent notre pic du Midi, ainsi que les rochers des environs de Paillole et de Sarrancolin. Il est commun sur les Pyrénées et sédentaire ». (Philippe 1873)
Nous savons par ailleurs qu’il nichait sur le Pibeste Sud entre Lourdes et Argelès. (P.Desaulnay. com pers.) Malheureusement nous ne savons pas grand-chose avant le 19e siècle, car l’ornithologie est une jeune science.

Sa disparition des Hautes Pyrénées est due principalement à des persécutions diverses, car si cela n’était dû qu’au manque de proies, la population des Pyrénées Atlantiques aurait subi le même sort.
Après 20 ans de nourrissage dans les Pyrénées Atlantiques, il n’y a toujours pas de reproduction dans les Hautes Pyrénées, pourtant si proche et si visitées en été. Est-ce dû uniquement à l’absence de rémanence ? Je ne le pense pas, à cause du comportement des vautours.
Sur plusieurs sites de nourrissage les vautours en attendant le véhicule du nourrisseur, le suivent dès le fond de la vallée et se pose tranquillement autour de l’aire en attendant que l’homme pose les carcasses, certains n’attendent même pas qu’il ait fini pour se nourrir.

« C’est entre le donjon des aigles et les écrits d’A.E. Berhm, sur la captivité des vautours ». L’autre comportement est que les colonies se développent principalement autour des aires de nourrissage. Dans les Pyrénées Atlantiques le nourrissage est estimé à 50 tonnes par an.

Aujourd’hui, c’est clair, le nourrissage n’est plus aussi utile que la Fédération des chasseurs veut bien le dire, c’est même loin d’être la panacée..! D’autant que comme nous l’avons démontré, avant l’homme, avant le pastoralisme et avant les nourrissages, ils ont toujours maintenu leur population.
L’homme a créé un premier déséquilibre, certes c’était une autre époque, mais aujourd’hui nous en créons un autre tout aussi dangereux pour l’espèce. Alors si l’on continu à nourrir, il faut avoir des objectifs précis, tel la réintroduction dans des sites où il nichait jadis, des hautes Pyrénées et des Alpes du Sud, où là, il a complètement  disparu.
Sinon nous allons maintenir une population en sur effectif et en complète dépendance, comme c’est un peu le cas aujourd’hui.
L’autre objectif est de dénombrer le nombre d’oiseaux, pour quantifier la nourriture et que celle-ci ne soit pas déposée toujours au même endroit.

Voici les données du problème, pour quel avenir ?

Andréas Guyot.


                                                       Bibliographie principale

1-    Dendaletche Claude 1988 : grands rapaces et corvidés des montagnes d’Europe. Acta Biologica Montana, 9 rue Gaston Chaze 64000 Pau
Ce livre est à lire absolument car il traite totalement le sujet

2-  fédération départementale des chasseurs des Pyrénées Atlantiques 198?.
Cette brochure n’a pas été distribuée dans le commerce, j’en possède une photocopie,   l’ouvrage n’est pas daté. A lire malgré un raccourci scientifique sur l’utilité du nourrissage, c’est à se demander comment les vautours ont fait pour se nourrir avant.

                                                     Bibliographie secondaire

Brehm A.E. 1878 : l’homme et les animaux. Merveille de la nature. Les oiseaux tome 3 Baillière. Paris.
Philippe 1873 : Ornithologie Pyrénéennes. Oiseaux sédentaires, oiseaux de passage. Cazenave Bagnières.
Le Pistrac : bulletin de l’AROMP.
Suettens Willy 1989 : les rapaces d’Europe, édition du Perron. Liège.
Yeatman-Berthelot 1991 : Atlas des oiseaux de France en hiver. SOF. Paris.
Yeatman L 1971 : histoire des oiseaux d’Europe. Bordas. Paris
La place G., Livache M., Evin J., Pastor G ., 1984 : statigraphies et datations par radio carbone des charbons, os et coquilles de la grotte de Poey Maou. Arudy vallée d’Ossau. Anthropologie tome 88 n°3 P. 367-375.

                                              Bibliographie sur l’age des oiseaux

Austin O., Singer 1990 : Famille d’oiseaux. Broquet . Ottawa, Canada.
Bologna G. 1978 : L’univers inconnu des oiseaux. Elsevier, Bruxelles.
Cracraft J. 1992 : Encyclopédie des animaux. Les oiseaux. P 23-26. Les oiseaux au cours des âges. Bordas.
Dorst J. 1971 : la vie des oiseaux. La grande encyclopédie de la nature tome 2. Les formes ancestrales et l’évolution des oiseaux. P 591-609. Edition rencontre, lausanne.
Dossenbach M. et J : 1981 : le monde merveilleux des oiseaux. Bibliothèque des arts, Paris.
Fitter R., Roux F : 1971 : guide des oiseaux. P 306-309. Sélection du Reader’s, Paris.
Perterson T : 1965 : les oiseaux. Life le monde vivant.

Andréas Guyot:
La Bergeronnette: 14: 2-8, (1993) 2e trimestre. 

mercredi 10 mars 1993

Comptage des bécasseaux violet (Calidris maritima) lors de la grande marée du 10.3.93.

Avec Jo Duplaa, nous ne voulions pas manquer l'événement de découvrir à marée basse la digue de Tarnos, mais aussi le littoral basque (carte 44 Xii).

Tous les épis rocheux et les grèves ont été pris d'assaut par les chercheurs de crustacés. Seuls, deux endroits étaient inaccessibles: La digue de Tarnos à l'embouchure de l'Adour et un épis rocheux à Biarritz. c'est sur ces deux endroits que les oiseaux se sont réfugiés. 

Alors que sur la digue, nous comptions d'ordinaire en moyenne 12 individus, ce jour là, au plus fort du coefficient 119 à 12 heures, nous avons compté 33 bécasseaux violets, 1 bécasseaux variable, 1 tournepierre. 

Ensuite nous nous sommes rendus à Biarritz entre le Port vieux et le rocher de la vierge. là, à un endroit ou personne n'ose descendre, nous en avons compté 7 bécasseaux violets. Cela fait un total de 40 bécasseaux violets, jamais aucun chiffre n'avait été aussi important sur la côte basque.

Il semble qu'il s'agit d'oiseaux hivernants plutôt qu'un remontée de la migration car le même jour, sur la côte entre Ciboure et Hendaye, nous avons observé 4 bruants des neiges et 70 mouettes mélanocéphales au large de Biarritz, ces deux espèces sont connus pour leurs hivernages.

Nous avons là, un chiffre minimum d'un jour. j'avais personnellement observé jusqu'à 25 bécasseaux violets sur le littoral basque en période normale, Vu l'étendue de la côte et les possibilités d'accueil, un chiffre de 40 oiseaux ne me semble pas extraordinaire pour l'hivernage, d'autant plus qu'il restait encore 23 bécasseaux violets le 18 avril 1993. Ce serait une bonne année pour l'espèce, qu'en est-il ailleurs ?

Bibliographie

Yeatman - Berthelot (1991) Atlas des oiseaux nicheurs de France en hiver. S.F.O. Paris.

Blake G. (1980) Observations du bécasseau violet sur le bassin d'Arcachon et la côte Basque - Le Courbageot 7/8: 16-17. 

Guyot A. (1992) : Date d'hivernage précoce pour le bécasseau violet sur la digue de Tarnos. La Bergeronnette 9:20. 

Guyot A. (1992) : Hivernage du bécasseau violet sur le littoral landais à Capbreton "carte 43 XII" La Bergeronnette 10:6. 

Andréas Guyot. 
La bergeronnette: 15;7-8 (1993) 3e trimestre.  

lundi 1 mars 1993

Un élément de dimorphisme chez le vautour percnoptère ou percnoptère d'Egypte (Neophron percnopterus).

Nous avons eu l'occasion de suivre un couple de Vautours percnoptères dès le début de son installation sur l'aire de nidification. Nous avons constaté en suivant les accouplements, une différence de ton dans la couleur de la tête du mâle et la femelle: la tête du mâle dans toute sa partie pelée est jaune orangé, alors que celle de la femelle est jaune paille, plus ou moins nuancée.
Cette différence est-elle due à une excitation temporaire sexuelle en période d'accouplement uniquement?
Nous avons donc voulu savoir si ce dimorphisme se vérifiait sur le autres couples de nos vallées béarnaises et aragonaises. Sur sept couples du côté français et quatre du coté espagnol, nous avons constaté cette différence très nette, uniquement dans de bonnes conditions d'observation. 
Un autre détail nous a frappés, bien que moins perceptible: la femelle est légèrement plus grosse que le mâle. Toutefois, ce n'est visible que si les oiseaux sont posés, alors qu'en vol nous avons suivre les mâles et les femelles grâce à la différence de couleur de la face. 
Nous demandons à tous les observateurs de Percnoptères d'avoir l'amabilité de nous confirmer ou infirmer dans cette recherche car nous n'avons rien trouvé dans la bibliographie.
Andréas Guyot
Jean-Luc Ligor
Regardez vivre les oiseaux
M.J.C du Läu, 81 av du loup.
F-64000 Pau
Ref: Nos oiseaux, 42:40 (1993)

----------------

Traduction d'une lettre de Jorge Soto Lopez a Burgos. 

Cher amis

A propos de votre demande d'information parue dans la revue La Garcilla à la S.E.O. sur un apparent dimorphisme sexuel chez l'espèce Neophron percnopterus, Je tiens à vous dire ceci.

Le 23.04.92 dans le village de Haedillo situé au nord de Burgos (Espagne), j'ai pu observer le détail auquel vous faites référence. 
La paire que j'ai vue côte à côte présentait une différence de ton dans la couleur de la tête, l'une plus orangé-ocre et l'autre plus jaune-paille. 

Le 24.04.92, l'un d'eux s'est placé sur l'autre de façon à réaliser une tentative de copulation qui dura 15 secondes et j'ai pu vérifier que celui qui était dessus avait la face orangée (donc le mâle) et celui de dessous l'avait jaune (donc la femelle) Donnée confirmée le 25.04.92 lorsque la femelle se mit à couver. 
Je peux vous assurer que la femelle avait des tons jaunâtres. 
Cette année au retour de la migration, j'ai pu vérifier qu'il s'agissait du même couple présentant les mêmes différences. 

J'espère que cette donnée vous sera utile et je vous prie de bien vouloir m'envoyer par lettre le résultat de vos recherches ou une explication sur la cause de ce fait car j'ai cherché à la bibliothèque et je n'ai rien trouvé. A partir d'aujourd'hui si je rencontre un cas semblable je ne manquerai pas de vous écrire. Si vous voulez me demander une information ou une chose qui peut vous aider en relation avec l'ornithologie, écrivez à 

Jorge soto Lopez
AVDA Reye Catolicos N° 40. 8é C
09005 Burgos (Espagne) 
tel; 947 2222 99

Sincères salutation
Jorge Soto.
-------------------


Cher confrère, 

Sachant que j'assure avec mon père et mon frère le suivi d'une aire de vautours percnoptère dans les monts du Vaucluse (84), mon ami Georges Olioso a bien voulu me faire part de votre article paru dans la revue "Nos Oiseaux" N° 431 (1993), page 40. 

Pour répondre à votre demande, veuillez trouver ci-après mes observations à ce sujet.
A l'arrivée des vautours début avril sur le site, j'ai constaté comme vous une différence de coloration de la partie pelée de la tête entre les deux oiseaux.
N'ayant pas assisté aux accouplements, je n'ai pu à ce stade attribuer à chaque sexe sa coloration.
Par contre, la couvaison débutée depuis 15 jours m'a permis de différencier les sexes si l'on considère comme la littérature que l'oiseau qui couve la plupart du temps est la femelle. 
Je peux donc vous confirmer que: 
-D'une part, la femelle a bien la face pelée jaune pâle et le mâle orangée, 
-D'autre part, la différence de coloration persiste au moins pendant le premier tiers de la couvaison.
Nous essaierons de vous tenir informé de l'évolution de ce phénomène pendant le reste de la couvaison puis l'élevage des jeunes.
En ce qui concerne la légère différence de grosseur possible entre les sexes, nous n'avons rien remarqué de semblable, mais il s'agit peut-être d'un manque d'attention de notre part.

Remi Luglia
Les Silex, Rte de Bonnieux
84400 Apt
tel 90 04 88 55.


--------------------

Cher ami, 

En réponse à cette note je ne connais pas la situation précise chez le percnoptère, mais en général, chez toutes les espèces de rapaces qui ont des faces nues (vautours, polyboroides, , micratur, daptrius), la couleur de la peau est très variable en intensité en fonction du degré  d'excitation puisque cela dépend de l'afflux de sang ou non, dans cette partie et on voit couramment un même individu passer en quelques minutes du rose pâle ou rouge vif par exemple. Mais cela reste à vérifier chez le percnoptère. 
Quant à la différence de taille, il est normal que la femelle soit plus grande.

Cordialement 
J.M. Thiollay, CNRS - FiR.

----------------------

Je n'ai jamais prêté attention à la différence de coloration de la partie pelée de la tête du percnoptère.

1 - Le poste d'observation est trop éloigné du site, le télescope utilisé ne me permet pas cette discrimination. Je l'ignorais aussi.

2- Le dimorphisme "s'exprime" sur le site suivi de façon beaucoup plus visible :

- Pigmentation différente des plumages
- Postures différentes lors de la pose, le mâle en position oblique. La femelle en position horizontale.

La femelle, ici est légèrement plus petite que le mâle, ce n'est pas une certitude, probablement son port ramassé, plus genre "poule domestique" illusionne.
Les caractères mâle et femelle me suffisent et ont été maintes fois vérifiésau cours des quatre années d'observation de la nidification. 

Sare, le 11 juillet 1992
H. Mondiet.

-----------------


Cher Collègue

Dès la réception de ta lettre, j'ai posé la question relative au dimorphisme chez les percnoptères à tous les adhérents de SAIAK. A ce jour, une seule réponse m'est parvenue, celle de Hervé Mondiet qui me dit t'avoir répondu dernièrement.
Pour ma part je n'ai pas observé de dimorphisme , mais il fait avouer que les conditions d'observations sont rarement favorable pour effectuer de si faible différences

Avec mes amitiés
Jean Desbarbes

-------------
Un critère pourtant connu des anglais:

-----------------
Andréas Guyot
La Bergeronnette 16: 7-11 (1993) 4e trimestre.
La Bergeronnette 12: 2-3 (1992) 4e trimestre.
La Bergeronnette 7: 14 (1991) 3e trimestre.