vendredi 16 août 2013

Un médiocre constat envers la biodiversité pour cette retenue collinaire.

La retenue collinaire de l’Ayguelongue

serait-elle indirectement

une menace pour la biodiversité ?

Période de 1996 à 2015.

Introduction : Ce constat n’aurait pas eu lieu sans le développement anarchique des plantes et des espèces invasives.  


Créé dans le but d’une irrigation agricole durable, afin de ne plus pomper dans les nappes phréatiques, cette retenue d’eau, avait de quoi séduire, et elle m’avait séduit, à tel point que je ne comprenais pas les critiques des « écolos » de la SEPANSO Béarn. Critiques que je trouvais saugrenues !!!

Cette retenue a été mise en eau au printemps 1996, je ne l’ai connue qu’en septembre de la même année, j’en ai été tout de suite un fidèle observateur, d’autant plus que l’irrigation pour l’agriculture avait fait baisser le niveau des eaux, laissant place à une grande vasière, ainsi je voyais une grande diversité de limicoles et oiseaux d’eau attirés par la recherche de nourriture.

Ayant l’esprit « ornitho » (voir le plus d’espèces d’oiseaux possibles) j’étais ravi d’autant plus qu’observer une grande diversité de limicole et très rare dans les terres.

Puis au fils des ans, il y eu d’abord les tortues de Floride… et je n’ai jamais plus observé de cistude d’Europe ensuite… ! Certes je ne suis pas en mesure d’affirmer une analyse scientifique à sa disparition visuelle, ni non plus d’en démontrer les effectifs antérieurs, mais il est un fait que la cistude n’est plus observable en aval du pont de la D.201.

Ma pression d’observation de quasi 20 ans me fait penser que j’aurais au moins dû avoir quelques contacts visuels.

Ensuite les écrevisses de Louisiane, très nombreuses au vu des terriers lorsque le lac se vide, et des restes de repas par les hérons cendrés (observations visuelles).

Tant qu’il n’y avait que ces deux espèces cela pouvait encore aller, mais la disparition de la vasière du à la grande jussie fut pour moi l’élément de trop.



L’envahissement dû à la grande Jussie, semble sans fin, c’est une plante invasive d’Amérique du Sud, ce lac n’est pas le seul à connaître ce problème.
Question : les propriétaires et gestionnaires du site n’ont-ils pas le devoir de lutter contre les espèces invasives ?

Personnellement mes essais sur trois tentatives d’éradication de la jussie ont été un échec : Déterrage, recouvrement, gros sel.  


Certes cette retenue a des points positifs envers l’avifaune, nidification de l’oie cendrée, du héron cendré, du bihoreau gris, 4/5 couples de mouette rieuse, du grand cormoran, de très nombreux couples de colvert, poules d’eau, foulque macroule, outre la reproduction du gardeboeuf, son hivernage de plus de 1000 ind, et l’observation de plus de 116 espèces d’oiseaux posés dont plusieurs très rare limicoles etc etc. voir :

Mais les impacts néfastes sur la biodiversité me semblent bien plus conséquent en raison du développement et à la prolifération d’espèces en aval, telle que la tortue de Floride, l’écrevisse de Louisiane, et de la grande Jussie.

Le plus grave c’est que cette prolifération est aussi importante en amont qu’en aval, donc que faire ? 

Il me faudrait toujours me dire que cette retenue collinaire, n’a pas été faite pour satisfaire à des besoins d’avifaune voir piscicole, mais uniquement d’irrigation, mais il n’en demeure pas moins qu’elle a un impact certain dans le milieu naturel.   

Un garde pêche du Pesquit (association de pêche) à même trouvé une grenouille taureau dans un lac en amont. Ils sont tout aussi préoccupés que moi.

Autre problème : l’échec de la nidification des grèbes huppés, par l’absence d’une bonne gestion des niveaux d’eau, et j’avoue aussi qu’il est difficilement possible de faire autrement aux vus des objectifs d’irrigation, comme les autres années leur nidification est compromise.

Le grèbe huppé a une biologie tardive dans sa reproduction, celle-ci coïncide malheureusement, avec l’arrosage du maïs, toute baisse du niveau de la retenue lui est fatalement très dommageable et c’est ainsi chaque année.

Cet oiseau à besoin pour faire son nid d’une relative faible profondeur, afin que son nid par stabilité repose sur le fond.  


La baisse du niveau constant d’environ 15 cm a condamné cette couvaison de trois œufs, comme elle a condamné aussi l’autre ponte de 4 œufs….4 nids en queue du lac sont dans cette situation. 

Ici une couvaison de 4 œufs condamnés. 

Là c’est encore 3 œufs condamnés

Dans les deux cas la grande Jussie est envahissante et elle semble être gênante pour la montée du grèbe, c’est ce qu’il m’a semblé constater sur le nid ci-dessous.


Toujours est-il que c’est deux facteurs sont sans aucune contestation dommageable pour la reproduction des grèbes huppés.  

Ce nid est bientôt condamné, de plus la grande Jussie est en train de l’envahir.

J’avais cru à une solution qui consisterait à garder un niveau constant en queue des retenues collinaires, mais c’est aussi une fausse bonne idée, car essayer de sauver quelques couvaisons de grèbes huppés, c’est entretenir le développement  de grande jussie qui aime les eaux stagnantes et chaudes


Le plus triste à voir c’est l’observation de ce que je pense être une femelle, qui malgré tout reste au alentour du nid. 

Voilà ce constat amer de ce que je crois être une solution durable pour l’environnement, stocker l’eau en plein hiver pour la restituer en plein été.

Cela part du bon sens ou alors faut-il admettre ce concept et faire fi de l’avifaune nicheuse entre autres celle des grèbes huppés et du déséquilibre de la biodiversité qui favorise la prolifération d’une flore et d’une faune exotique envahissante. 

Toute la question est là… ! Comment lutter contre les envahisseurs ? (titré une émission d’Arte).
Pour les grèbes huppés malheureusement c’est plus une question d’adaptation que de sentimentalisme.

Mais je me dois de constater que sans ces réservoirs, l’avifaune migratrice n’aurait ni reposoir, ni gagnage pour les limicoles.

Pour l’instant j’avoue être incapable de me dire si cela est globalement positif, tellement je suis préoccupé par le développement qui semble être sans limite de la grande jussie.  

Andréas Guyot
Ornithologue et Naturaliste
7 rue Jules Verne

64000 Pau.

Observation 2013. (Avant le 15 Aout).

vanneau


gde aigrette

héron cendré

gd cormoran

grues cendrées


cigogne blanche

sarcelle d'été

héron cendré, nicheur


gd cormoran


grèbe huppé


bécassine

sylvain

jeune bergo grise

culblanc

gde aigrette

sylvain

échasse
avec un sylvain

BV

Sur la régularité du passage migratoire du Bécasseau de Temminck

Sur la régularité du passage migratoire du Bécasseau de Temminck
"calidris temminckii" au lac de l'Ayguelongue "Momas"

A lire la littérature, ce petit bécasseau, discret par sa taille et l'uniformité de son plumage, est rare en bord de mer et préfère les marais humides, rives d'étangs et lacs à végétation basse, sur des mares boueuses au milieu des pâtures et petites pièces d'eau.

Le lac de Momas lui convient donc très bien car lorsque le lac se vide, il laisse place à un petit marais boueux.

Dès ma première visite au lac de Momas le 19.09.1996, je trouvais l'oiseau, puis de nouveau en 1997. La date la plus précoce fut le 25 juillet 1998. je le trouvais aussi au passage de printemps le 17.05.99 ; puis chaque année. Présent en Août avec 2 individus du 14.09 au 25.09.1998, puis cette année 2004 avec 3 individus  deux juvéniles et un adulte dès le 16 .09.2004 .

J'ai voulu comprendre cette similitude dans les dates; mais aussi et pourquoi, si subitement, une espèce considérée comme rare devenait une observation annuelle.
Pour l'année 2004, l'oiseau est régulier depuis le 13.08.04, je trouvais donc 2 juvéniles le 15.09, puis 3 oiseaux le 16.09.04 dont un adulte.

Pour mémoire (mes fiches bristol), il y a similitude avec l'année 1998 où un oiseau était régulier dès le 04 août et deux dès le 14.09.98. A noter que les deux oiseaux étaient des juvéniles et que quelques jours plus tard je trouvais encore 2 oiseaux mais 1 adulte et 1 juvénile. Il est donc passé 3 oiseaux en 1998.

Discussion :
Nous avons, entre 1998 et 2004, 1 jour de différence pour une accentuation de la migration. Coïncidence ou passage migratoire ? Comparaison faite avec "Les oiseaux de Loire Atlantique", "Rare birds in Britain and Ireland", "Inventaire des oiseaux de France", nous trouvons à quelques jours près les mêmes dates. Dans "Les oiseaux migrateurs", Curry-Lindhal parle d'une fidélité aux escales, ce qui expliquerait cette régularité du passage migratoire sur le lac de L'Ayguelongue.

Paul Géroudet écrit "sa discrétion et sa faible propension à former des troupes le mettent moins en évidence que les autres bécasseaux".
Ce qui expliquerait que la présence de ce limicole semble récente dans les Pyrénées Atlantiques : 18.09.1994, (unique observation avant Momas).

Il est vrai que la configuration de la retenue collinaire de l'Ayguelongue a permis de créer une vasière.
Est-ce le pourquoi de la régularité de passage migratoire du bécasseau de Temminck ?

Andréas Guyot
7 rue Jules Verne
64000 PAU

 
BIBLIOGRAPHIE :
BRUUN B ; SINGER A ; 1990. Tous les oiseaux d'Europe. p120, Bordas, Paris
CURRY-LINDAHL K ; 1980. Les oiseaux migrateurs à travers mer et terre. p169 , Delachaux et Niestlé, Neuchatel – Paris.
DUBOIS PJ. ET ALL . 2000. Inventaire des oiseaux de France, p196, Natan, Paris
DYMOND JN ; FRASER PA ; 1989. Rare birds in Britain and Ireland ; p105 Poyser, Calton.
GEROUDET P ; 1982. Limicoles, gangas et pigeons d'Europe, tome 1, p191-196 Delachaux et Niestlé, Neuchatel –Paris.
JONSSON L  1994. Les oiseaux d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen Orient.
p 222, Nathan Paris.
PETERSON R ; et all. ; 1972. Guide des oiseaux d'Europe; p134, Delachaux et Niestlé Neuchatel.
RECORBET B ; 1992. Les oiseaux de Loire-Atlantique du XIXe siècle à nos jours ;
p125, G.O.L.A, Nantes

Note sur la cigogne noire bagué couleur.

Note ornithologique.

Le 22 septembre 2007, comme chaque jour disponible depuis le début juillet, je visite le lac de Momas « retenue de l’Ayguelongue » dont l’objectif est l’arrosage agricole.

Ce matin de temps gris, brumeux, avec des passages de crachin, j’ai eu la surprise dès
mon arrivé de découvrir sur la vasière, 4 cigognes noires, 2 adultes avec 2 immatures de l’année peut être une famille.. ? et presque qu’aussitôt je découvre qu’un adulte est bagué couleur.

Je change donc d’objectif, un peu nerveusement.. ! pour un 20X60, et je commence à
Lire la bague 602 ? il me faudra attendre un bon moment avant de lire le 1, donc 6021
Ouf… ! je peut donc envisager de faire quelques digis, d’où les photos avec cette note.

Quelques minutes plus tard, sans savoir pourquoi un immature à décollé et le reste de la famille. ? a suivi, je ne suis pas resté 1 heure avec elles… c’était mon jour de chance.

Le lendemain matin après des recherches peu fructueuse je lance un message sur :
http://tech.groups.yahoo.com/group/cr-birding/
et quelque instant plus tard…, j’ai eu cette réponse si dessous,

Dear friend,
thank you very much for your message about 6021; there are ringing data:
6021 + PRAHA BX 10141
Mezni Louka, district Decin; 50°52´N 14°19´E
27.06.2002
3 pulli in the nest
ringer Pavel BENDA

Dear friend, please send me details about observation - mainly date (23.9.2007??), coordinates etc. Thank you in advance.
Best wishes
Frantisek Pojer
Coordinator, Czech Republic

Photo: Andréas Guyot. Avec un Canon A540 sur une Kowa 663, et avec les trois objectifs.
20X60, 20W, 30W.


Un bon observatoire pour comprendre la migration des oiseaux d'eau.

La migration des oiseaux sur le
LAC DE MOMAS  "D’AYGUELONGUE".
Liste établie en 2004.
Andréas Guyot.

Comment comprendre la migration des oiseaux d'eau.

Présentation :
Comprendre la migration des oiseaux d'eau est la base de l'ornithologie.
Observer un oiseau posé dans un milieu vaseux n'est pas anodin. C'est une source d'enseignement avant de n'être qu'une identification temporelle.

Par goût les oiseaux d'eau et les limicoles m'attirent. Après de longues années au lac d'Artix, j'observe maintenant régulièrement au bord de ce lac, la migration postnuptiale.

Pour bien comprendre la migration il faut commencer dès le début juillet et avoir un suivi régulier, et si possible journalier. A quel moment arrêter ? C'est selon votre motivation, mais vous comprendrez assez vite le moment où le passage s'arrêtera de lui-même. L'important d’un tel suivi est de comprendre quand le flux migratoire commence.

Le milieu :
Situé sur une plaine non encaissée à l'altitude de 148m, ce plan d'eau de 58 hectares crée en 1995 et mis en eau au printemps suivant pour des besoins d'irrigation agricole à très vite été attractif par les oiseaux migrateurs.

Dès le début du mois de juillet, le pompage vide peu à peu cette retenue collinaire. L'eau laisse la place à une vasière et c'est tout l'attrait du milieu. Il découvre, toute proportion gardée, une grande étendue comme en milieu littoral lors des marées basses.

Sur le littoral hormis le Parc Ornithologique du Teich, la baie de Txingoudy avec la vasière Belcenia côté français et celle du Parc de Plaiaundi à Irun, il ne reste pratiquement plus de grande vasière pour accueillir les migrateurs à marée basse.

La dernière vasière sur l'Adour, l'île Saint Bernard a été détruite pour agrandir le port.
Cela est triste à écrire mais ces lacs collinaires peuvent dans une certaine mesure servir de milieu compensatoire !
Pour les ornithologues ayant un G.P.S., voici les coordonnées 43.25N – 00.27W.
Pour vous y rendre, prendre Pau - Sault de Navailles D. 945 et D. 201 vers Momas à 17km au N–NW de Pau, cap au 320° à la boussole depuis Pau.

Le suivi ornithologique :
Les premiers limicoles présents dès la troisième décade de juin sont les chevaliers culblancs (Tringa ochropus) (9 individus le 1.7.98). C'est assurément le premier migrateur postnuptial.

J'ai eu une surprise avec les petits gravelots (Charadrius dubius) que je pensais plutôt inféodé au site. Le 4.7.98 j'observais un individu bagué couleur. Il n'y était pas le 3.7 et n'y était plus le 6.7 ; il avait déjà été observé le 14.6.97 dans la banlieue de Londres et avait été bagué poussin le 5.6.93 à Belmont dans la Lancashire. Donc le petit gravelot est aussi un migrateur hâtif.

Le chevalier guignette (Tringa hypoleucos), qui et un limicole nicheur en amont du lac d'Artix, sur le gave de Pau, est présent dès le début juillet à Ayguelongue. Ses effectifs augmentent dès la deuxième décade de juillet. (Plus de 15 individus et jusqu'à 25 le 28.7.01)

Le chevalier sylvain (Tringa glareola) a toujours depuis 1996, été observé dans la première décade de juillet, la date la plus précoce fut le 3.7.98 avec 1 individu et un maximum de 15 le 28.7.01. C'est l'oiseau que j'attends chaque année, il est un ravissement.

La sarcelle d'été (Anas querquedula) ; ce petit canard peut vite passé inaperçu, d'autant plus que le 1.7.98, j'observais un mâle en éclipse. Le maximum identifié fut cette année 2004  avec 8 ind. le soir du 6.8, car ils n'y étaient pas le matin du 6 ni du 7. Comme quoi un suivi doit être régulier le matin et le soir.

Le canard souchet (Anas clypeata) ; est aussi un oiseau difficile à observer car il est souvent avec les colverts à cette époque, tous deux sont en mue, seul son bec le trahit, d'autant plus qu'il est très discret. La date la plus précoce a été le 27.7.98 à Momas. Sur un site proche, je les ai vus le 8.7.00 et le 6.7.02. Cette année 2004 j'observais  4 individus le 6.8 en soirée.

Le chevalier gambette (Tringa totanus) ; voici un oiseau déroutant, que comprendre des 35 individus présents le 27 juin 2000, alors qu'il est régulièrement observé avec 1 voire 2 oiseaux en juillet à l'exemple du 14.7.04 avec 1 ind. Le 7.7.01, j'observais 54 ind. Posés, après les avoir vus arriver en vol, mais sur un site proche.

La barge à queue noire (Limosa limosa) le 3.7.96 1 ind. (et jusqu'à 5 le 16.7), le 8.7.98, 3 individus. Ce sont les deux dates les plus hâtives pour Momas, en 2004 il m'a fallu attendre le 27.7 pour rencontrer cette barge. Pour anecdote j'attends toujours la barge rousse alors que j'ai observé des tournepierres et de l’huitriers-pie.

Le bécasseau variable (Calidris alpina) cet oiseau s'observe un peu plus tardivement, la première observation date du 23.7.98. J’ai toujours observé quelques jours plus tard le bécasseau minute (Calidris minuta). Ainsi le 27.7.98, 6 individus. C'est toujours assez régulier les bécasseaux variables puis les bécasseaux minutes. Quelle en est la raison ? Je l'ignore mais quel plaisir pour l'observation !!!

Le chevalier arlequin (Tringa erythropus), encore un peu plus tardif, la date la plus précoce a été le 29.7.98 avec 1 oiseau. Si on compare avec la zone littorale, c'est très tardif mais nous sommes à 100 km de la côte atlantique.

Le chevalier aboyeur (Tringa nebularia). Ce grand limicole au cri ressemblant au chevalier gambette est aussi un oiseau de juillet, (le 6 juillet 98, par exemple). Quel sens donné à cette observation du 12.6.99 à Momas ? Sans jamais avoir de grand effectif cet oiseau semble stationner longtemps sur notre site, on l'entend souvent avant de le voir, le maximum fut 7 individus du 17.9.01 au 22.9.01.

La bécassine des marais (Gallinago gallinago). Voici un autre oiseau que j'attends chaque année, il arrive plutôt fin juillet car ma meilleure date est le 21.7.04.

Le combattant (Philomachus pugnax), cet oiseau arrive tardivement sur cette liste et pourtant il ne le mérite aucunement puisque le 1.7.2000 il était présent avec 1 individu, et encore le 10.7.98. Facile d'observation, on ne l'entend jamais.

La sarcelle d'hiver (Anas crecca). Autre oubli dans la liste des oiseaux hâtifs puisque dès le 3.7.04 un mâle était présent mais sachant que celui-ci laisse la femelle s'occuper des jeunes, il peut s'agir d'un reproducteur puisqu'il niche dans la saligue du gave de Pau et au lac d'Artix. Pour les oiseaux en mue, il faut attendre le 26.7.98. C'est aussi le cas pour les deux canards plongeurs suivants cherchant des sites pour muer.

Le fuligule milouin (Aythya ferina) : 1 mâle le 1.7.98 mais 1 femelle le 27.7.98, 1 mâle le 24.7.04. Début juillet, il y a souvent des mâles isolés sur des sites; ce n'est pas de la migration à proprement parler

Le fuligule morillon (Aythya fuligula). Du 26.6.97 au 3.7.97, 4 mâles ont stationné à l'Ayguelongue pour muer. Cette année, c'était le 25.7 sur un site proche, ils deviennent très discrets ensuite.

La guifette noire (Chlidomas niger). Voici un autre migrateur commun, du début juillet 1 ind. le 3.7.97 pour un maximum de 9 oiseaux le 29.8.97 et 5 ind. le 24.7.04.

La mouette rieuse (Larus ridibundus). Autre surprise de taille régulièrement je vois sur le lac de Momas dès le début juillet des adultes et des immatures de 1er été. Sachant qu'elles nichent au lac d'Artix, je n'y faisais guère attention, jusqu'au jour où à Artix le 2.8.04, je découvris une juvénile de 1er été avec une bague noire, 9SR gravée en blanc sur la patte gauche et une bague alu sur la patte droite. Donc voici pour 2004 : 1 ind. le 29.06.04 et 10 Individus le 7.7.04.
Comme quoi la sédentarité à ses limites, ces oiseaux communs nous rappellent à l'ordre sur notre pratique de l'ornithologie et nos habitudes d’observations parfois aléatoires ou pleines d'à priori ou certitudes.

Le vanneau huppé (Vanellus vanellus). Cet oiseau est aussi un migrateur du début juillet. Le 29.6.98 avec 1 premier individu, le 6.7.98 avec 17 ind. le 19.7.03 avec 30 ind. En 2004 il a fallu attendre le 27.7. Pour observer les 14 premiers oiseaux de l'année.

Le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus). J'ai choisi cet oiseau qui est le seul rapace que nous voyons régulièrement d'année en année. Si sur un site voisin je l'ai observé le 5.8.04, il faut reconnaître qu'il arrive bien plus tard sur le lac de Momas. Le 20.9.97, le 23.9.98, le 28.8.99, le 11.9.00, le 22.9.01, le 25.8.02, le 29.8.03, même si ces dates ne concernent qu'un oiseau à chaque fois, sur un mois d'intervalle, il reste le symbole migratoire de nos lacs.

Le bécasseau cocorli (Calidris ferruginea). Voici un oiseau migrant hâtivement, trop souvent oublié dans les observations, ainsi 1 individu le 21.7.98, 1 individu le 24.7.03 et encore 1 individu le 29.7.04, toujours des oiseaux adultes.
J'ai terminé par cet oiseau parce que, il permet de par son plumage d'observer que les oiseaux adultes migrent avant les jeunes. Il en est de même des premiers bécasseaux variables.

Il est important de bien identifier l'âge de l'oiseau, cela vous fera progresser d'année en année dans la détermination des espèces de votre milieu de suivi.

Discussion :
Les 22 espèces choisies ne reflètent que le suivi du lac de l'Ayguelongue à Momas. Comment acquérir autant de données ?

1) un carnet de notes sur le terrain
2) chaque oiseau a sa fiche bristol 100x150 avec la date, le lieu, le nombre d'individus
3) le plus important : trouver un milieu près de chez soi, et effectuer un suivi régulier sur une période pas trop longue.

Fatalement, lorsqu'on suit une vasière où les migrateurs stationnent, il est quasi certain que des oiseaux plus rares viennent rendre une visite forte sympathique et ce fut le cas. Alors c'est vrai qu'un bécasseau à queue pointue, un bécasseau tacheté et un bécasseau falcinelle sans parler des bécasseaux Temmink font parler et font même dire : "Le queue pointue cache les variables". C'est faux, il rajoute un peu dans la diversité du milieu.

Ce qu'il faut savoir, c'est que ces oiseaux posés ne sont vus qu'avec une pression d'observation accrue et avec une identification individuelle des limicoles.
S'ils sont identifiés avec certitude c'est simplement grâce à des années de pratique.
Ce qui serait grave ce serait de ne jamais comptabiliser les oiseaux courants et de ne chercher que les oiseaux "rares"
Ce qui est plus inquiétant par contre c'est que tout le monde se déplace pour un bécasseau à queue pointue mais pratiquement jamais pour un suivi régulier.
Pour moi c'est une récompense, une reconnaissance que de pouvoir afficher une compétence dans l'identification.
Mais c'est aussi et surtout un bon observatoire pour encore progresser dans la connaissance de la migration des oiseaux. Chaque année à l'arrivée des premiers migrateurs de chaque espèce, j'éprouve presque autant d’émotion et de joie que le jour où j'ai observé le bécasseau à queue pointue.

Et puis un gâteau avec une belle cerise rouge c'est encore plus appétissant !!!

Je vous encourage donc à suivre une vasière, vous n'aurez que des satisfactions et surtout une bonne connaissance des oiseaux communs.

Andréas Guyot
7 rue Jules Verne
64000 PAU


Remerciement :
Je tiens à remercier Maryse Spring qui a su me convaincre de rendre une visite au lac de Momas alors que je ne voyais que par le lac d'Artix.

L'éducation à l'envol d'un jeune par un adulte sur le lac de Momas

A propos du Chevalier Guignette (Actitis hypoleucos)

L'éducation à l'envol d'un jeune par un adulte sur le lac de Momas

Le 6 septembre 2004, je fus intrigué par le comportement d'un adulte de Chevalier Guignette qui poursuivait un jeune de la même espèce pour le faire s'envoler.

Depuis plusieurs jours j'avais déjà remarqué ce juvénile et j'en avais déduit  « une possible reproduction tardive » sur ce site, ce qui n'était pas connu avant. Seul le petit gravelot (charadrius dubius), en tant que limicole, niche avec certitude observation des poussins sur le site de la retenue de l'Ayguelongue dit "Lac de Momas".

Son dos écailleux avait attiré mon attention, la façon dont il avait abaissé l'ensemble de sa queue à la moindre alerte, sa taille plus petite que celle de l'adulte, ses pattes claires, un rose plus ou moins sale. C'était manifestement un juvénile.

Les adultes n'étaient pas là à le surveiller de près, de sorte qu'il était difficile de les trouver parmi la quinzaine d'oiseaux présent.

Il aura fallu que ce soit l'adulte qui le poursuive à de nombreuses reprises jusqu'à provoquer des petits envols du jeune pour que je comprenne ce comportement. Il est manifeste que l'adulte n'avait d'autre motivation que celle de l'apprentissage  de l'envol du jeune.

Lecture de la bibliographie :

- L'Atlas des oiseaux nicheurs de France, Laurent Yeatman (1976) le donne nicheur dans les Pyrénées Atlantiques. – Page 88

- Limicoles nicheurs de France. Philippe Dubois, Roger Maheo (1986), le donne non  nicheur en Aquitaine ?? – Page 222

- L'Atlas des oiseaux nicheurs de France, Dosithée Yeatman – Berthelot, (1985-1989), le donne nicheur dans les P.A.. – Page 310

Je fais référence à cette contradiction parce qu'il est important d'avoir plusieurs sources de biblio, surtout pour cet oiseau "source à erreur".

Autres recherches bibliographiques :

- L'Atlas des oiseaux nicheurs de Midi-Pyrénées, Jean Joachim, J.F. Bousquet et Faure (1985/89) le donne non nicheur en Midi-Pyrénées, pages 79–80, avec une analyse sur la complexité de preuve de nidification.

- L'Atlas des oiseaux nicheurs en Limousin. Lucien Soumy (1984-1990) le donne non nicheur – page 73, "il est l'archétype de l'oiseau à problème pour les ornithologues".

Plus j'avance dans ma recherche bibliographique , plus je me rends compte de la complexité des sources.

Un dernier document dans une recherche plus ancienne "Ornithologie Pyrénéenne " ,Philippe (1873). Il est donné nicheur – page 125, (arrive en mai et repart en septembre).

Il semblerait que j'ai eu beaucoup de chance dans cette observation, comme dans celle sur le gave de Pau en amont du lac d'Artix où j'avais observé 2 adultes et 1 juvénile le 4 juin 1987 ; une observation plus conventionnelle faite avec Gérard Blake.

Discussion :

Encore une fois je suis surpris par la date tardive d’une éventuelle reproduction. Est-ce que les oiseaux ''attendent" ou profitent que le lac se vide pour avoir un espace propice à la reproduction ? Est-ce une possible reproduction de remplacement ?

Ce qui est certain, c'est que le petit gravelot a aussi une reproduction tardive et certaine en ce milieu.

Lorsque le lac se vide, la vase sèche assez vite et nous avons un environnement plus ou moins terreux, sableux, caillouteux, avant que de nouveau la végétation repousse et nous avons toujours de belles arrières saisons propices à des reproductions tardives.

A titre de comparaison, l'envol du jeune intervient au moment de la migration des premiers rouge-gorges et des traquets tariers.

C'est par l'identification individuelle de tous les limicoles que j'ai pu remarquer ce  chevalier guignette juvénile.

Bibliographie :

- Boutet J.Y., Petit P., 1987. Atlas des oiseaux nicheurs d'Aquitaine (1974-1984) Page 86, CROAP, Bordeaux
- Géroudet P.,1983. Limicoles, Gangas et Pigeons d'Europe, tome 2, pages 143-148, Delachaux et Niestlé et D.Y.Perret , Neuchâtel
- Vansteenwegen C., 1998. L'Histoire des oiseaux de France, Suisse et Belgique, page 232, Delachaux et Niestlé, Lausanne

Andréas Guyot  7 rue jules Verne  64000 PAU